Les métaphysiques principales : Essai de typologie – Claude Tresmontant

Publié le


Titre : Les métaphysiques principales : Essai de typologie – Une introduction à la philosophie

Auteur : Claude Tresmontant

Date de sortie : 1989

Résumé / Quatrième de couverture :

« Si l’on étudie l’histoire de la pensée humaine telle qu’elle nous est connue aujourd’hui sur une durée d’environ trente siècles, en Chine, en Inde, en Grèce, dans l’ancien Orient, etc., on découvre qu’en réalité il existe quelques types de métaphysiques fondamentales et que les philosophes, à travers les siècles, ont brodé ou effectué des variations sur ces thèmes fondamentaux.
L’analyse et l’examen critique de ces quelques rares métaphysiques possibles et réelles permettent de faire avancer l’analyse des problèmes métaphysiques en eux-mêmes. Car on découvre, en étudiant les métaphysiques que l’humanité a conçues depuis plus de trente siècles, que certaines respectent l’expérience objective, tandis que d’autres l’envoient promener. Il faut donc se demander quelle est la bonne méthode en métaphysique.
On découvre aussi, par cette étude, qu’il existe de secrètes préférences qui commandent les options métaphysiques, certaines préférences et certaines détestations, qui sont souvent antérieures à l’analyse rationnelle du donné et qui s’y opposent violemment. Il faut donc tenter, à propos des quelques métaphysiques qui existent dans l’histoire de la pensée humaine, ce que les vieux théologiens appelaient le discernement des esprits. »
Un maître livre parce lui qui reste le plus grand philosophe français de la fin du XX siècle.

Pourquoi lire ce livre ? / Commentaires :

Résumé sur « Le blog de Menon » :

« Un pur chef d’oeuvre d’intelligence dans lequel Tresmontant nous présente les trois grands courants de la métaphysique : pour le premier (Hindouisme), le monde est une illusion qui voile l’existence de l’Un ; dans le second (Grec), l’univers est l’Un-incrée et donc éternel dans le passé comme le futur ; le troisième système (Judaïsme, Christianisme et Islam) estime que l’Un existe mais le monde n’est pas une illusion, il n’est pas éternel et l’Un lui est extérieur. Grâce à cet ouvrage vous saurez tout sur ces trois options métaphysiques, leurs supporters et critiques et leurs motivations. Feu Tresmontant commente avec beaucoup de pédagogie et de pertinence chaque partie pris. Certes, l’auteur ne se cache pas d’être un Chrétien convaincu, mais il a la science de son côté ! De quoi ridiculiser les amateurs de théories fondées non sur l’étude du réel mais sur des a priori. »

Résumé sur le site claude-tresmontant.com :

« Nous avons vu que Claude Tresmontant, dans le « tohu bohu » des métaphysiques que l’homme a conçues depuis qu’il s’est mis à penser, en discerne trois grands « types » irréductibles – et trois seulement, desquels toutes les autres métaphysiques dérivent : le « type » moniste, le « type » matérialiste et le « type » monothéiste [1].

Toutes les métaphysiques humaines se rattachent, d’une manière ou d’une autre, à l’un de ces trois grands « types » de métaphysique, et en découlent. Ainsi par exemple : le scientisme – dont nous avons récemment parlé [2] – qui est une déclinaison de la pensée matérialiste ; le New Age – qui s’inscrit dans la tradition moniste ; le déisme – qui est une expression particulière, quoique frelatée [3], de la conception monothéiste.

Tout nous ramène à ces trois grandes structures de pensée que sont le monisme indien, le matérialisme grec et le monothéisme hébreu. La très grande diversité des pensées que l’homme a exprimées dans l’histoire de la philosophie peut être regroupée en ces trois grandes unités, qui sont à la pensée humaine ce qu’un phylum représente pour un groupe zoologique : à savoir le message génétique originel et primordial à partir duquel l’espèce va croître, se développer et se diversifier.

Il est donc erroné de croire qu’il puisse exister une infinité d’explications possibles aux problèmes métaphysiques se posant à l’esprit humain. Il n’en existe en réalité que quelques unes, à l’état chimiquement pur, en tout petit nombre. Il est dès lors permis d’espérer trouver une solution à nos problèmes, si l’on veut bien se donner la peine d’examiner à fond les quelques propositions en présence [4].

La perspective d’une solution se précise encore davantage si l’on considère les méthodes de raisonnement utilisées à l’intérieur de chacune des trois métaphysiques principales de l’histoire humaine.

S’il existe en effet trois grands types de métaphysique, il n’existe que deux méthodes de raisonnement.

Deux méthodes…

Non pas 50, ni 25, ni même… 3.

Deux seulement…

Si l’on arrivait à démontrer que parmi ces deux méthodes de raisonnement, l’une est fiable, tandis que l’autre ne l’est pas, on pourrait envisager d’éliminer la (ou les) métaphysique(s) fondée(s) sur la « mauvaise » méthode, celle(s) qui ne présente(nt) pas les garanties de vérité et qui comporte(nt) un risque d’erreur maximal. On verrait bien alors ce qui reste [5].

Quelles sont les deux grandes méthodes de raisonnement en métaphysique ?

« Lorsque l’on considère l’histoire des métaphysiques depuis environ trente siècles, on voit aussitôt qu’il existe deux méthodes possibles et réelles.

« Il existe une méthode qui consiste à partir d’une initiation, ou d’un mythe, – ou d’un principe posé a priori, principe qui se rattache d’ailleurs à un mythe antérieur. On obtient ainsi une métaphysique par déduction, à partir des principes.

« Il existe une autre méthode qui consiste à partir de l’expérience scientifiquement explorée. C’est une méthode inductive. On part des faits. On part de ce qui est donné dans l’expérience. On ne commence pas par déclarer que l’expérience a tort, ni qu’elle est illusoire, ou trompeuse, ou pure apparence, ou encore un songe.

« Ce sont deux attitudes d’esprit différentes, opposées, par rapport au réel donné dans l’expérience. » [6]

[1] Cf. notre article du 7 juillet 2011 : Un penseur du monothéisme hébreu.

[2] Cf. notre article du 22 juillet 2011 : Tresmontant est-il scientiste?

[3] Cf. notre article du 10 juillet 2011 : Le déisme

[4] Cf. notre article du 18 juillet 2011 : L’espoir de trouver une solution

[5] On verra que ce qui reste, au terme de l’analyse, c’est une seule des trois métaphysiques en présence : en l’occurrence, le monothéisme hébreu. On aura ainsi trouvé LA solution aux problèmes métaphysiques se posant à notre humaine raison ; et on l’aura trouvé rationnellement, au terme d’une analyse philosophique, sans le recours à une quelconque « initiation » ou « révélation ».

[6] Claude Tresmontant, Les Métaphysiques principales, François-Xavier de Guibert 1995, p. 275. »

Commentaire de Latour07 sur Amazon :

« Enfin un livre qui explique les différentes catégories de métaphysiques. Il est urgent de le lire. Je l’ai personnellement relu une dizaine de fois ces 15 dernières années, avec toujours autant de plaisir et de surprise intellectuelle et spirituelle.

Claude Tresmontant est un très grand auteur chrétien. Professeur de philosophie médiévale à la Sorbonne, il connaissait et pratiquait l’hébreu, le grec, le latin, l’allemand. Sa grande connaissance de l’hébreu et de la structure de pensée hébraïque l’a conduit à retrouver le sens des mots tels que ces derniers avaient pu être exprimés à l’époque de la rédaction des textes saints de la Première Alliance et ceux de la Nouvelle Alliance.

L’une des autres grandes forces de Tresmontant, c’est son amour respectueux de la Science. Dans la grande et vénérable tradition des métaphysiciens Aristote, Saint Thomas d’Aquin, Bergson et Blondel (pour n’en citer que quelques uns), Tresmontant est un passionné des sciences (astro-physique, biologie, génétique, anthropologie,…) qui nous permettent de comprendre et de toujours découvrir l’intelligence dans/de l’Univers.

L’idée maîtresse de Tresmontant est que l’Univers est Information. « Au commencement était le Verbe ». L’Univers est intelligence. La parole de Dieu est intelligence. Elle éveille l’intelligence des hommes, en profondeur, avec le temps (« Le prophétisme hébreu ») à la manière de la création continuée de l’Univers, de son enrichissement de vie biologique. Comme en science, la métaphysique des Hébreux est vérifiable.

Cet ouvrage fournit au lecteur chrétien les outils nécessaires pour positionner le christianisme (la métaphysique des Hébreux) face aux autres métaphysiques que sont l’athéisme, le Mythe du Chaos originel, les cycles éternels et le mythe de l’éternel retour, les métaphysiques de l’Un ou de l’Identité, les métaphysiques gnostiques et le retour de la Théogonie.

Très grande clarté. Magnifique ouvrage. »

Tables des matières :

L’Etre et le néant
Le mythe du chaos originel
Les cycles éternels et le mythe de l’éternel retour
Les métaphysiques de l’Un ou de l’Identité
Les métaphysiques gnostiques et le retour de le Théogonie
La métaphysique des Hébreux
De la méthode en métaphysique

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