Voltaire méconnu – Xavier Martin

Publié le


Titre : Voltaire méconnu – Aspects cachés de l’humanisme des Lumières (1750-1800)

Auteur : Xavier Martin

Date de sortie : 2006 (1ère édition); 2007 (2ème édition); 2015 (3ème édition)

Résumé / Quatrième de couverture :

Le discours officiel sur Voltaire (enseignement et médias) est gravement lacunaire: il tait en effet, ou estompe beaucoup, ce qui chez lui dément l’image de l’inlassable promoteur de la tolérance et de l’humanisme.
C’est ce qu’œuvre à montrer le nouvel ouvrage de Xavier Martin. Poursuivant, dans les sources du XVIIIe siècle, les investigations tenaces qui ont donné déjà des fruits inattendus, l’auteur met au grand jour la face ou les facettes ordinairement cachées du « roi » des philosophes : mépris réfléchi des humains en masse, ainsi qu’en détail (il répétera que les Calas sont des « imbéciles »), haine de nombreuses catégories, souvent morbide, jusqu’à certains fantasmes d’extermination (relativement aux Turcs, relativement aux juifs.), accointances policières et gouvernementales dont il use pour réduire au silence les jeunes auteurs irrespectueux à son endroit (jusqu’à les faire embastiller lorsqu’il le peut), orgueil social, allergie maladive à la contradiction, délire verbal contre Rousseau, goût anormal pour le néant, acharnement pathologique contre les morts à la consternation de ses propres amis, etc., etc.
Truffé de citations fréquemment saisissantes, et strictement référencées, ce livre aisé à lire jette une lueur inattendue, qui donne beaucoup à réfléchir, sur l’humanisme des Lumières et sur l’image un peu flattée qu’à l’ordinaire on en propose.

Xavier Martin, professeur des Universités, historien des idées politiques, a publié sur l’esprit des Lumières et la Révolution des travaux remarqués, dont les conclusions s’écartent parfois des idées reçues de l’académisme universitaire.

Pourquoi lire ce livre ? / Commentaires :

Un grand spécialiste reconnu du droit vient déboulonner la statue de Voltaire et celles de ses disciples. Avec des faits précis, des preuves, des extraits de correspondance.

« Un démaquillage très documenté de l’humanisme des « grands ancêtres », dont Voltaire est la figure emblématique. Des révélations stupéfiantes, appuyées notamment sur un dépouillement systématique de sa correspondance. »

Résumé de l’édition poche de 2015 :

Depuis près de quinze ans, les livres novateurs du professeur Xavier Martin sur la mentalité du siècle des Lumières et l’esprit des acteurs de la Révolution, ont sans tapage, car ignorés des grands médias en général, fidélisé un lectorat très motivé.
Parmi ces quelques douze ouvrages, nul n’a fait plus d’effet que Voltaire méconnu. Moins d’un an après sa parution, il a été l’objet d’une seconde édition. Celle-ci est déjà la troisième.
Ceux qui découvriront ces pages, à l’écriture vivante et claire, comprendront les raisons du succès. Ce qu’on y voit se profiler, c’est une image ordinairement dissimulée du grand « philosophe » de la « tolérance » : haine ou mépris du genre humain en général, et des gens modestes en particulier ; mépris des femmes, jusqu ‘au sordide ; haine des religions, à l’occasion jusqu’au délire ; mépris des Noirs et des Arabes, haine pathologique à l’égard des Juifs, jusqu’à certains fantasmes d’extermination (qui à l’occasion visent aussi les Turcs) ; mépris des Calas, que Voltaire en douce, avec insistance, tient pour « imbéciles » ; exécration de jeunes auteurs dont il approuve (ou manigance !) l’enfennement par lettre de cachet. Cette énumération n’est pas limitative.
Une profusion exceptionnelle de citations époustouflantes, méthodiquement référencées, nourrit l’ouvrage, qui donc pourrait presque être intitulé Voltaire par lui-même.
Xavier Martin, professeur émérite des Facultés de Droit, historien des idées politiques, a publié sur l’esprit des Lumières et la Révolution des livres stimulants et très documentés qui fréquemment malmènent et les idées reçues de l’académisme universitaire, et les injonctions tacites ou expresses du « politiquement correct ».


Fiche de lecture dans l’Action Française 2000 n° 2712 :

Verser des flots de pleurs sur les victimes des massacres de 1793 et en même temps se croire tenu de chanter les mérites des hommes qui ont déclenché la Révolution au nom de la “tolérance” et de la “fraternité” est faire preuve au mieux de débilité mentale, au pire d’ignoble hypocrisie.

Une étude objective et profonde des “Philosophes des Lumières” chez qui s’abreuvaient les manipulateurs d’émeutiers est éclairante à ce sujet. Suivons un guide sûr, qui, écartant toutes les idées reçues et sans rien expurger, dissèque sans ménagement la littérature du XVIIIe siècle : Xavier Martin, professeur des universités, historien des idées politiques, révèle, dans son nouveau livre, autour de Voltaire méconnu, les Aspects cachés de l’humanisme des Lumières (1750-1800) (1)

Mépris élitiste

La documentation est foisonnante et époustouflante. On ne saurait imaginer à quel point Voltaire et ses amis se sont exprimés sur le mode du mépris, d’un mépris confinant bien souvent à une haine débordante. Ces auteurs ont exalté “l’Homme”, mais ils éprouvaient pour les hommes concrets une aversion inouïe : ceux-ci n’étaient à leurs yeux que des « bêtes brutes » ou « puantes » auxquels l’on doit préférer les insectes… Les femmes valaient encore moins (2). Quant au peuple il se situait pour Voltaire « entre l’homme et la bête ». Ainsi le maître de Ferney manifestait-il un élitisme jouisseur (« Il faut jouir, tout le reste est folie »), savourant le plaisir de « mentir comme un diable », et ne reconnaissant que des « vérités utiles ». Et Xavier Martin de préciser, textes à l’appui, que ce mépris élitiste est un élément constitutif de l’œuvre voltairienne.

Mépris des écrivains autres que lui-même, allant jusqu’à se comporter avec un jeune auteur en véritable tyran, usant de la délation pour le faire embastiller, instituant dans les lettres de son temps ce que Xavier Martin n’hésite pas à appeler une véritable « police de la pensée ». La “pensée unique” n’a pas été inventée au XXe siècle…

Mépris de ceux qui passaient pour ses amis, par exemple le roi de Prusse Frédéric II, envers qui son mépris se faisait scatologique…, ou des autres “philosophes… au sujet desquels le mépris et la haine devenaient une sorte de libre échange sous le sceau de l’hypocrite amitié. Jean-Jacques Rousseau en a fait les frais, nous ne le plaindrons pas…

Le rejet de la nature humaine

Mépris exacerbé de la religion : « Je recommande l’infâme à votre sainte haine », écrivait Voltaire qui achevait ses lettres par ces mots « Écrasons l’infâme », c’est-à-dire le christianisme. L’infâme, explique Xavier Martin, était le vecteur d’une lourde charge de dégoût. Il voyait dans le christianisme la pire des superstitions, et pour en purger la terre, il aimait se référer à un « représentant éclairé », Julien l’Apostat, l’empereur qui s’éleva aux raffinements de la persécution.

Nous ne pouvons citer tous les termes orduriers par lesquels Voltaire désignait le catholicisme, mais Xavier Martin analyse en profondeur cette haine anti-chrétienne corrélative d’une autre haine, celle de la nature humaine. « Il y a la haine claire d’un dogme biblique bien identifié : l’homme créé à l’image de Dieu et à sa ressemblance. Son rejet de ce dogme se fait viscéral : il préfère l’homme image du singe. » D’où les termes ignobles dans lesquels il parle de la transsubstantiation. Ce qui, ajoute Xavier Martin, « le prive de tout frein sur la pente du racisme », le rejet méprisant du monogénisme de la Genèse le conduisant « à un violent rapetissement de l’être humain ».

Il en arrivait même à se haïr lui-même, haïssant en fait en lui « la nature humaine, avec son libre arbitre et son pouvoir d’aimer – image de Dieu dont l’hypothèse étonnamment le met en transe ». La haine de la nature humaine, n’est-ce pas déjà le fondement de la Révolution ?

Tolérant par haine

Ajoutons que le même Voltaire n’était pas tendre non plus pour les autres religions. Son mépris anti-juif était inlassable : pour lui les juifs étaient des poux, des porteurs de lèpre, des voleurs qui souillaient la terre… Autre part il parle de « l’honneur de haïr le Croissant » et se livre sur l’islam à des « pulsions homicides » à côté desquelles l’affaire des caricatures de Mahomet de l’an dernier n’est que jeu d’enfant… Les protestants ne valaient pas mieux, et il eut même des paroles odieuses sur les personnes, comme la famille Calas, qu’il se donna l’allure de défendre à grand renfort publicitaire…

De toutes façons, pour lui comme pour d’Holbach, d’Alembert, Diderot, etc, toutes les religions se valaient et « le seul moyen de neutraliser les religions c’est de les tolérer toutes sans aucune exception et de les décrier les unes par les autres ». C’est clair : la tolérance tant vantée des “philosophes” était elle-même une composante du mépris. Tolérance instrumentalisée, utilitaire. La voie du laïcisme moderne était déjà toute tracée.

Anti esclavagiste ?

On le voit, le vrai Voltaire n’a rien à voir avec celui que l’on enseigne dans les écoles de la République. Xavier Martin ouvre plusieurs pistes aux chercheurs de demain. Par exemple sur la question de l’esclavage, dont l’auteur du Candide passe pour avoir été l’un des dénonciateurs. D’abord, outre le fait qu’il tirait – peut-être – profit de la traite des Noirs, il a toujours feint de confondre servage et esclavage, condamnant le premier en ayant l’air de condamner le second… Ensuite il se désolait quand on lui disait qu’il n’y avait plus assez « de nègres pour travailler à nos sucreries ». De la servitude, du travail forcé, du fouet, des sanctions corporelles, des mutilations en tous genres, Voltaire ne se souciait guère : le passage du Candide sur le nègre du Surinam relève plus de l’autodérision dans un livre où il se plaisait à donner de tous ses personnages une image dégradée, que d’une volonté de dénoncer l’esclavage.

Orgies sanguinaires

Après tant de haine lue et relue, cuite et recuite pendant des années par des penseurs qui méprisaient le peuple (la « canaille », selon Voltaire), faut-il s’étonner que le siècle se soit achevé sur les jouissances sanguinaires des têtes portées au bout des piques et des massacres vendéens ? La nature humaine avait perdu son prix, donc la vie aussi, et les esprits s’étaient avilis.

Et pourtant, au soir de ce siècle de haine, alors que la Révolution imposait même à des enfants des serments de haine, Xavier Martin place l’image sublime du roi Louis XVI victime de toute cette bestialité et demandant à son fils dans la prison de Temple, « d’oublier toute haine et tout ressentiment ». Cette « voie royale du pardon » appartient à un tout autre monde que celui de Voltaire, dit Xavier Martin. Avec lui nous nous honorons de penser que, deux cents ans plus tard, enseigner cette voie royale est plus digne de la France que d’exalter des “philosophes” qui se plurent à avilir l’espèce humaine.

Michel Fromentoux L’Action Française 2000 du 2 au 15 novembre 2006

(1) Xavier Martin : Voltaire méconnu. Aspects cachés de l’humanisme des lumières (1750-1800). Éd. Dominique Martin Morin, 352 pages, 26 euros.
(2) Voir du même auteur L’homme des Droits de l’Homme et sa compagne. Même éditeur, 2003.


Fiche de lecture dans Monde et Vie :

De tous les philosophes des Lumières – avec Rousseau, qui fait bande à part – Voltaire est le plus connu. Mais le connaît-on si bien que cela ? Il y a loin de la légende à la réalité.

« L’autre jour, au fond d’un vallon / Un serpent piqua Jean Fréron; / Que pensez-vous qu’il arriva ? / Ce fut le serpent qui creva. » Pauvre Elie (et non pas Jean) Fréron ! «Coupable» de défendre avec courtoisie et brio, dans son « Année littéraire », la religion catholique et la monarchie, il fut la cible des attaques répétées des Philosophes, et de Voltaire au premier chef. Leurs menées aboutirent à faire plusieurs fois suspendre la parution de « l’Année littéraire », le journal de Fréron, et valurent à celui-ci plusieurs séjours à la Bastille et au For-l’Evêque. Sa feuille fut finalement interdite en 1775 par le garde des Sceaux Miromesnil, et Fréron mourut l’année suivante. Je pense a lui lorsqu’il m’arrive de lire la vertueuse déclaration, d’ailleurs apocryphe, que l’on prête à Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire. »

Quelle blague ! Rarement «philosophe» aura montré une telle puissance de haine envers ses adversaires, une haine qui ne tenait pas seulement à la divergence d’idées, mais à l’orgueil et à la vanité incommensurables de l’homme de Ferney. Malheur à qui le froissait : l’audacieux pouvait s’estimer heureux s’il ne faisait que les frais de sa causticité. Xavier Martin a raconté, dans son « Voltaire méconnu » (1), l’opiniâtreté que mit ce prétendu défenseur de la liberté de conscience à faire emprisonner le protestant La Beaumelle, par lui qualifié de « misérable échappé des Cévennes »; ou comment il tenta de faire condamner à mort Jean-Jacques Rousseau à Genève, en forgeant de toutes pièces dans l’œuvre du « promeneur solitaire », des blasphèmes odieux. Voltaire faussaire ? Mme de Grafigny, qui le connaissait bien, écrivait qu’il peut se montrer « plus fanatique que tous les fanatiques qu’il hait ».

C’est cette même force de haine qu’il déploie dans ses attaques contre le catholicisme. Dans Candide, résumé de toutes ses oeuvres selon Flaubert, il réussit une satire équivoque de la Théodicée de Leibniz, des abus de la religion, des amours monastiques, de la barbarie du code pénal, etc.

L’ironie et la moquerie appuyant l’idée, font les délices de la société insouciante et légère qui peuple les salons du XVIIIe siècle. « Combien a-t-il fait de personnages différents pour nous instruire ? » disait Mably. « Ne paraissant presque jamais sous son nom, tantôt c’est un théologien, un philosophe, un chinois, un aumônier du Roi de Prusse, un indien, un athée, un déiste; que n’est-il pas ? Il écrit pour tous les esprits, et même pour ceux qui sont plus touchés d’une plaisanterie ou d’un quolibet que d’une raison. » S’il prend la défense d’un Calas, victime d’une injustice, ce n’est pas tant par bonté d’âme que pour saper les institutions et attaquer l’Eglise. Mais alors même qu’il voue les juges à l’opprobre public, il n’ignore pas, comme il l’avoue en 1768, qu’ils « ont été trompés par de faux indices »(1). Quant aux Calas, il les traite de « protestants imbéciles » …

Ce grand ami de l’humanité, initié comme Benjamin Franklin à la loge des Neuf Sœurs, partage en réalité avec les autres philosophes (2) le même mépris des hommes, qu’il considère comme « des petits rouages de la grande machine », et particulièrement du peuple : « Il est à propos que le peuple soit guidé, et non pas qu’il soit instruit, il n’est pas digne de l’être », écrit-il. Encore admet-il que le commun des Français appartient à la même espèce que lui.

Réfutant la Genèse, les philosophes nient que tous les hommes soient nés d’un seul couple. En conséquence, « La race des nègres est une espèce d’hommes différente de la nôtre », écrit Voltaire dans son « Essai sur les mœurs et l’esprit des nations ». Ce constat pseudo scientifique s’accompagne d’une classification des espèces humaines : « Les albinos sont au-dessous des nègres pour la force du corps et de l’entendement, et la nature les a peut-être placés après les nègres et les Hottentots au-dessus des singes, comme un des degrés qui descendent de l’homme à l’animal. » On ne s’étonnera pas que des opinions aussi «scientifiques» l’aient conduit à investir dans la traite négrière, comme Diderot et Raynal.

Les Lumières conduisent au racisme dans toutes ses composantes, y compris antisémite. Voltaire se fait d’autant plus vindicatif à l’égard des Juifs qu’à travers eux, c’est encore l’Eglise qu’il vise en réalité : « Vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour les peuples qui les tolèrent et les enrichissent », lit-on dans le Dictionnaire philosophique. Ce qui faisait dire au cardinal Lustiger, cité par Jean Sévillia dans son « Historiquement correct »: « Voltaire n’était pas chrétien et je crois que l’antisémitisme de Hitler relève de l’ antisémitisme des Lumières et non d’un antisémitisme chrétien. »

On se pince lorsque les «philosophes» placent au-dessus de tout la «raison» – à laquelle les révolutionnaires, leurs disciples fidèles, voueront un culte véritable, faisant son Temple dans Notre-Dame de Paris. Leur raison ressemble à leur science : critiquant les travaux de Buffon sur la formation des roches sédimentaires, Voltaire pour lui répondre reproduit les expériences de Spallanzani sur les limaces … et en tire, raconte Gaxotte(3), un pamphlet contre les moines, « Les colimaçons du R.P. L’Escarbotier » : « Il est certain que les colimaçons dureront plus que tous nos ordres religieux, car il est clair que, si on avait coupé la tête à tous les capucins et à tous les carmes, ils ne pourraient plus recevoir de novices, au lieu qu’une limace à qui on a coupé le cou reprend une nouvelle tête au bout d’un mois ... ». Robespierre, hélas, prendra ces « expériences » au sérieux …

On comprend au bout de tout cela que notre Education nationale inscrive Voltaire au programme. Incarnation des Lumières, n’est-il pas pour nos enfants un modèle de Tolérance et de libéralisme ? Son ami Diderot l’appelait « l’Antéchrist ».

G. de Villefollet, Monde & Vie, 5 juin 2010

1. Xavier Martin, Voltaire méconnu; Aspects cachés de l’humanisme des Lumières, ed. DMM, Bouère, 2006.
2. Dans son livre Historiquement correct (ed. Perrin), Jean Sévillia rapporte que Philipon de La Madeleine souhaitait que l’usage de l’écriture soit interdit aux enfants du peuple
3. Pierre Gaxotte, La Révolution française

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s