Philippe Pétain – Jacques Isorni

Publié le


Titre : Philippe Pétain (2 tomes)

Auteur : Jacques Isorni

Date de sortie : 1972 et 1973

Résumé / Quatrième de couverture :

« On a tout dit sur Philippe Pétain sauf peut-être la vérité. Il se peut qu’on soit passer, volontairement ou non, à côté d’elle ». Jacques Isorni, avocat, historien et chercheur, a découvert des documents que le jeune avocat auraient bien aimé connaître à l’époque du procès. Les faits sont là. Il déchire le voile derrière lequel a été dissimulé et défiguré le Maréchal.

Pourquoi lire ce livre ? / Commentaires :

Une des meilleures biographies sur le Maréchal Pétain.

Le tome 1 se termine en juin 1940. Il traite des débuts du futur maréchal, de la Grande Guerre et de la part capitale qu’il a tenue dans la victoire, de l’entre-deux-guerres et de l’influence du Maréchal pour finir sur les premiers mois de la guerre vécus en Espagne comme Ambassadeur.

Le tome 2 traite de l’Armistice, du Chef de l’Etat et de son action pendant l’Occupation et de la fin de sa vie comme prisonnier.

Un ouvrage honnête, objectif et tranquille qui détruit tranquillement le mensonge et l’imposture.

Commentaire d’un lecteur sur Amazon :

Deux Tomes pour comprendre le maréchal Pétain.
Le premier, sur sa jeunesse, l’armée, ses amours, Verdun et ses relations avec De Gaulle.
Le second sur Vichy, pour rétablir la vérité sur cet homme, les biens faits de l’armistice, comment il soutient la résistance, la reconstruction de l’armée en douce pour reprendre la lutte contre l’Allemagne, la collaboration, plus exactement ‘Zusammenarbeit’ (le travail en commun) qui fut traduit par collaboration mais qui fut uniquement d’ordre économique et sur la défense de l’empire d’Afrique sous la pression Allemande, la protection des juifs de France même s’il ne peut s’opposer au port de l’étoile, le sabotage de la flotte pour empêcher les Allemands de s’en emparer…

Quelques extraits:

« L’opinion de Goering, celle des généraux allemands étaient que l’armistice avait été une erreur d’Hitler. A Nuremberg, Goering dira que, sans armistice, l’Allemagne occupait l’Afrique du Nord, fermait l’Ouest de la Méditerranée, contrôlait les convois de l’Atlantique, prenait l’Amérique de flanc. »

« Membre des Communes, intime de Churchill, Kenneth de Courcy écrira pour la défense du Maréchal à son procès : « je ne crois pas qu’un Maréchal de France soit un traitre et j’estime, en tout cas, que c’était extrêmement rusé et une immense contribution à la sécurité de ma patrie, l’Angleterre, que Pétain ait réussi à empêcher la flotte française de tomber entre les mains des Allemands. » »

Chrchill : « « En juin 1940, après la bataille du Nord, l’Angleterre n’avait plus d’armes. Nous n’avions pas vu la question des chars et celle de l’aviation sur un plan suffisant. L’armistice, nous a, en somme rendu service. Hitler a commis une faute en l’accordant. Il aurait du aller en Afrique du Nord, s’en emparer pour poursuivre sur l’Egypte. Nous aurions eu alors une tache bien difficile. » »

« « L’assemblée nationale donne tous les pouvoirs au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du Maréchal Pétain, à l’effet de promulguer, par un ou plusieurs actes, une nouvelle constitution de l’Etat Français. Cette constitution devra garantir les droits du travail, de la famille et de la patrie. Elle sera ratifiée par la nation et appliquée par les assemblées qu’elle aura créées. » Il fut adopté par 569 voix contre 80.
Une chambre du front populaire, un Sénat dominé par la Gauche démocratique proposaient à la France, sous l’autorité de Philippe Pétain, la nouvelle formule « Travail, Famille, Patrie. » »

« Lorsque le condamnant dans l’obsession de son indiscipline, il (Charles de Gaulle) avouera à Pierre Bourdan : « le maréchal ne pouvait rien faire d’autre, mais il ne faut pas le dire », il signifiera par là que la dissimulation de ce qui fut la réalité importe d’abord à sa justification. »

« Une forme explicite et secrète s’exprima aussitôt : « rendre au plus vite à la nation cet attribut essentiel de souveraineté que constitue une armée. » C’est dix jours après sa signature que commence l’effort clandestin destiné à accroitre ses effectifs et à augmenter son armement. Des ordres partent : camoufler le matériel, que les Allemands exigent au nom de l’armistice, et les services de renseignement qui, au nom ce même armistice, doivent disparaitre. Ce qui suppose, toute une dissimulation. Le militaire devient civil, commerçant, « démographe » même, afin d’organiser un plan de mobilisation clandestine qui doit porter de huit à vingt-quatre les divisions utilisables. Le matériel d’armement est recelé par les services forestiers, les crédits militaires sont disséminés dans les budgets civils ou les budgets des possessions africaines. En Afrique du Nord, l’état-major effectue un travail de camouflage en matériel clandestin, soustrait au contrôle des commissions d’armistice, et en hommes. 60000 soldats seront maintenus en surnombre sous les drapeaux : ils renforçaient les unités de police et de travailleurs, les goums, les pelotons de gardiennage du matériel.
Pétain qui a ordonné cette reconstruction de la force armée, en est tenu exactement informé, mais ne s’en ouvre qu’à ceux qui ‘y intéressent par leurs fonctions. Pour rien au monde il n’en parlerait à qui que ce soit d’autre. Il n’a aucune possibilité de s’en vanter par un discours à la radio. »

« Le 23 Février 1941, il reçoit tête à tête Paul Dungler, un des organisateurs de la résistance en Alsace. Craignant l’agent provocateur, il se tient d’abord sur la réserve, s’ouvre progressivement, invite enfin son interlocuteur à lui parler en toute liberté.
– Monsieur le Maréchal, voila qui je suis. Je suis en train de créer une organisation de combat en Alsace. Si vous n’êtes pas d’accord avec moi, vous pouvez me faire arrêter.
Le Maréchal le reprend avec violence, avant de s’adoucir.
– Je ne peux pas vous suivre. Ayant signé l’armistice, je dois honorer ma signature.
– Les Allemands ont-ils observés les conditions d’armistice en ce qui concerne l’Alsace-Lorraine ?
– Non, ils les ont violées. N’oubliez pas cependant, Monsieur que je reçois ici d’innombrables personnes. Elles essaient de me faire dire ce que je ne veux pas dire, de comprendre ce que je ne veux pas qu’elles comprennent. C’est parce que je vous fais confiance, que je peux vous dire que, non seulement je vous approuve, mais encore que, si vous n’existiez pas, il faudrait vous inventer.
De tels exemple montrent la manière de résister directement ou de préserver en collaborant et peuvent être élevés au plan politique.  »

« C’est Staline qui rendra au Maréchal le plus bel hommage. A Yalta, il se met d’accord avec Roosevelt pour écarter la France de la commission des réparations parce « qu’elles a moins souffert que la Belgique, que la Yougoslavie ou la Pologne. » »

« En face d’Hitler, et afin de repousser ses propositions de collaboration militaire, Pétain put faire valoir qu’il s’en était tenu à la convention d’armistice. »

« Churchill au colonel Groussard : « il vaut mieux qu’il y ait en France un gouvernement régulier qui freine tous les occupants. Il est précieux pour nous que cela soit un Pétain qui vous gouverne, plutôt qu’un Doriot ou un Laval…il a à jouer une partie surhumaine…surhumaine vraiment…moi aussi, si je gouvernais votre pays je ne dirais pas aux Allemands : je vous déteste parce que il faut toujours éviter le pire avec acharnement. Mois aussi je baiserais, je chercherais à gagner du temps à propos de tout » »

« Quand à Pétain, il s’était interdit tout moyen de pouvoir se défendre plus tard contre ses accusateurs. Il fera disparaitre les documents authentiques émanant du gouvernement et du roi d’Angleterre remis à Jacques Chevalier […] Il était persuadé que si les Allemands en avaient connaissance, ils dénonceraient l’armistice et qu’ils déclencheraient les pires représailles et, pour garder le secret, il n’avait confiance qu’en lui-même. »

« Hitler, d’une vois rapide, d’un ton sourd, reprit ses considérations générales, parla des rapports appréciables noués en Allemagne entre prisonniers et la population civile, que c’était de bon augure pour le « travail en commun » entre les deux peuples. Il usa du terme « Zusammenarbeit ». Schmidt le traduisait par « collaboration ». Pétain reprit l’expression dans son message du 30 Octobre. Le mot fera mauvaise fortune et suscitera des drames. »

« La faiblesse du Maréchal, son chemin de croix, tenait à l’impossibilité où il se trouvait d’expliquer et de s’expliquer, à l’obligation de ne montrer qu’une face des choses, d’entrer résolument dans l’équivoque pour assurer et assumer l’intérêt national. »

« « Je ferai en sorte qu’elle (la collaboration) ne se pose que sur des considérations d’ordre économique, ou sur la défense de notre Empire Africain, en écartant toute idée d’agression contre l’Angleterre. Je suis bien résolu à ne pas m’associer pour cette tâche ni aux Italiens, ni aux Allemands. » »

« La fin de l’année 1941 consacre la rupture entre la France et l’Allemagne. Toute collaboration militaire a été refusée. Présentant ses vœux à la nation le 31 décembre, Pétain n’hésite plus dans un discours radiodiffusé, à dénoncer la pression qu’il subit. »

« Robert Aron note que le 23 Janvier 1942, Goebbels écrit dans son journal : « notre politique à l’égard de la France est un quasi échec. J’ignore si demain nous ne serons pas de nouveau en guerre ouverte » et que Roosevelt déclare que les relations des Etats-Unis avec le gouvernement de Vichy n’ont été meilleures. »

« Aucun incident, qui procédât d’une contestation nouvelle, ne s’était produit depuis le 11 novembre, lorsque le 26, à 4h30 du matin, Hitler notifiait à Pétain sa décision de démobiliser immédiatement les forces armées françaises. Presque simultanément le fort Lamalgue était envahi sans combat. Dès 5h25, Laborde, tenu au courant de la progression ennemie, donnait l’ordre de sabordage et refusait de quitter le « Strasbourg » qui coulait droit. A 11h40, Pétain lui adressait un message : « j’apprends que votre bateau coule. Je vous donne l’ordre de le quitter. » En douze heures, dans le bruit des explosions, la flotte s’en allait par le fond.
Le 28, l’amiral de Laborde écrivait au Maréchal : « j’ai l’honneur de vous envoyer l’ordre du jour que j’ai adressé aux états majors et aux équipages des forces de haute mer à la suite de la destruction de nos bâtiments. Nous y avons été contraints par la nécessité d’exécuter votre ordre et de le ne livrer à aucun étranger, et par l’obligation de rester fidèles au serment que nous avons fait. » Et dans son ordre du jour : « nous avons eu hier à accomplir, pour rester fidèles à notre serment d’obéissance au Maréchal, l’acte le plus douloureux pour un cœur de marin, celui de détruire lui-même son bâtiment pour l’empêcher de tomber aux mains de l’étranger. Vous l’avez fait avec une discipline et un dévouement plus méritoires que bien des actes d’héroïsme. »
La France éprouva une joie sourde et triste. Le monde tint sans réserve ce sabordage pour un acte de résistance aux entreprises de l’axe, acte de résistance, d’une importance militaire considérable, ordonné par Pétain. »

Table des matières :

Tome 1 – PHILIPPE PÉTAIN
– Avertissement
– Couronnes

PREMIÈRE PARTIE : DE CAUCHY A LA VICTOIRE
– Esquisse d’un portait
– Une vie qui doit finir à St Omer
– Chef et homme
– La victoire et les vainqueurs

DEUXIÈME PARTIE / D’UNE GUERRE A L’AUTRE
– L’impossibilité de la retraite
– Bienfaiteur de De Gaulle
– De la muraille à l’Académie, de l’Académie à la politique
– Ministre
– Qui fut un précurseur ?

TROISIÈME PARTIE : L’AUTRE GUERRE
– D’un destin possible aux volontés dernières
– ambassade en Espagne
– La guerre en deça et au-delà des Pyrénées
– Le complot
– Retour en France
Index
Documentation photographique

Tome 2 – PHILIPPE PÉTAIN

PREMIÈRE PARTIE : L’ARMISTICE DE 1940
– les voies étroites du salut
– Les Appels
– Le « crime » d’armistice

DEUXIÈME PARTIE : CHEF DE L’ÉTAT
– Suite d’une esquisse
– Souverain
– Comment il exerçait la souveraineté
– Réformateur
– Résistance et collaboration
– Contraintes et répression
– Derniers chemins vers la captivité

TROISIÈME PARTIE : LE PRISONNIER
– De Sigmaringen au fort de Montrouge
– Incohérences et mélancolie du général De Gaulle
– Le Procès et la condamnation
– Six ans d’agonie
Index
Documentation photographique

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