La désinformation autour des guerres de Vendée et du génocide vendéen – Reynald Secher

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Titre : La désinformation autour des guerres de Vendée et du génocide vendéen

Auteur : Reynald Secher

Date de sortie : 2009

Résumé / Quatrième de couverture :

La Vendée, jusqu’à une période récente, était réduite à une simple guerre civile, franco-française.
En 1985, un jeune chercheur, Reynald Secher, soutient devant un jury d’exception composé de 7 membres (Jean Meyer, Pierre Chaunu, Jean Tulard, André Corvisier, Jean-Pierre Bardet, Louis-Bernard Mer et le recteur Yves Durand), à Paris IV-Sorbonne, une thèse intitulée : Contribution à l’étude du génocide franco-français : la Vendée-Vengé.
Documents à l’appui, il démontre que la répression de la Vendée par la Convention est un génocide de type proto-industriel légal en vue de l’extermination d’une partie du peuple de France non pas en raison de ce qu’il faisait, mais de ce qu’il était.
Cette thèse, publiée en pleine préparation du bicentenaire de la Révolution française, suscite une vive émotion qui vaut à son auteur bon nombre de problèmes et lui coûte, entre autres, sa carrière universitaire.
Pour la première fois, à travers ce livre, Reynald Secher témoigne. Son récit dépasse l’entendement.

Reynald Secher, docteur d’état de l’Université Paris IV-Sorbonne, entre autres lauréat de l’Académie française, est l’auteur d’une trentaine de livres, de bandes dessinées et de documents historiques.

Pourquoi lire ce livre ? / Commentaires :

Récit résumé des persécutions subies par Reynald Secher depuis la publication (en 1985) de sa thèse sur le génocide franco-français.

Fiche de lecture dans la Nouvelle Revue d’Histoire n°49 :

« À travers un bilan de l’historiographie des guerres de Vendée, Reynald Secher révèle au lecteur abasourdi l’ampleur du complot dont l’historien fut et est encore la victime.

Page après page, il révèle les méthodes qu’utilisèrent certains universitaires pour l’abattre, lui dont les travaux rendaient les leurs obsolètes.

La corporation des historiens défile sous la plume de l’auteur. Jean-Clément Martin, membre du Comité scientifique des études robespierristes ouvre la marche. C’est en effet lui qui, en 1987, lança l’affaire quand il affirma que les références de Secher étaient des faux, dont la fameuse lettre en date du 24 janvier 1794 et dans laquelle Turreau parle des plans d’anéantissement et d’extermination des Vendéens. Il fallut attendre le mois d’avril 2009 pour que Jean-Clément Martin soit confondu et cela à la suite de la publication des documents originaux. Il est aujourd’hui professeur émérite de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

Après les cuistres jaloux, Pierre Vidal-Naquet ouvre le bal des politiques. Ce fut ce membre éminent du CNU (Conseil national des Universités), organisme gérant les recrutements et les carrières des universitaires, qui lança l’interdit sur Secher. Comme l’écrit ce dernier, le fond du problème était en effet que pour certains « parler du génocide vendéen, c’est non seulement relativiser le génocide juif mais le nier » ; d’où le délire du journaliste Philippe Bouglé dans La Tribune du 15 mai 1986 qui, à l’occasion de la soutenance de sa thèse dénonça Reynald Secher dans un article ayant pour titre : « Une affaire Faurisson à Nantes ».

Pierre Vidal-Naquet l’ayant décrété d’accusation, Secher perdit alors, et cela du jour au lendemain, l’appui de ses nombreux soutiens au CNU. Membre de ce « club » très fermé, j’ai alors été le témoin de bien des lâchetés, de bien des reniements. Ceux qui, quelques mois auparavant, étaient les plus fermes partisans de Secher considéraient, après une seconde lecture, que sa thèse présentait des «  faiblesses méthodologiques » incompatibles avec un recrutement à l’université. Pierre Chaunu lui-même s’engagea dans un « pas de deux ». Alors qu’il avait siégé dans le jury de thèse de Secher et fait, dans Le Figaro, une promotion appuyée de ses travaux, c’est, désespéré qu’il me dit qu’il ne pouvait plus rien pour son poulain. Qui osait alors braver les oukases de Pierre Vidal-Naquet ?

Je raconterai un jour mon expérience au CNU et les raisons pour lesquelles j’en ai démissionné et cela au moment de l’« affaire Boudarel » car, si le CNU a « retoqué » Secher, il a, en revanche, recruté l’ancien « commissaire politique du camp numéro 1 »…

Ce livre est à lire si l’on veut comprendre le naufrage de l’université française. »

Bernard Lugan


Fiche de lecture dans Minute n°2427 :

« On connaît désormais les thèses de Reynald Secher sur le génocide franco-français qui eut lieu dans le nouveau département de La Vendée entre la fin de 1793 et ce fameux été 1794 (thermidor !) qui vit la chute de Robespierre. Son dernier petit ouvrage, La Désinformation autour des guerres de Vendée et du génocide vendéen, reprend et condense à l’usage des lecteurs pressés les enseignements de trente années d’études sur le sujet.

Ces enseignements sont de deux sortes. Tout d’abord, Reynald Secher a méthodiquement collationné tous les documents existants, dans les archives familiales, les archives communales, les archives départementales, les archives nationales, les archives ecclésiastiques, les archives vaticanes. Il mesure l’ampleur des destructions qui ont eu lieu à la fin du XVIIIe siècle dans ce pays devenu un véritable désert. Mais surtout, en amont, il établit de manière irréfutable la volonté d’extermination, le populicide programmé, ce que l’on appelle aujourd’hui un génocide. Il publie le texte des ordres donnés au sinistre Turreau et à ses colonnes infernales, il s’intéresse aux rapports envoyés par les exécutants à la Convention, il souligne les difficultés dans la réalisation de cette tuerie en masse. Et il montre, textes en main, la frilosité de l’historiographie récente et le danger de révisionnisme que cela engendre chez les historiens. Tout cela sans un mot plus haut que l’autre, avec la rigueur d’un véritable scientifique et l’audace tranquille du chercheur qui a cherché jusqu’au bout de la nuit et qui a vu l’horreur.

Pour la petite histoire, il raconte ici pour la première fois les rocambolesques rebondissements qu’a engendrés la perspective de sa soutenance. Il explique comment « on » a voulu, quelques jours avant qu’il ne rende publiques ses recherches, acheter son silence. « On » le connaissait mal. »

Joël Prieur


Fiche de lecture dans Présent n°6934 :

« Un grand nombre de livres d’histoire sont le fruit d’une compilation des ouvrages antérieurs sur le même sujet. Plutôt rares sont les études qui se fondent, pour l’essentiel, sur des sources d’archives inédites. Mais l’archive ne suffit pas à faire un bon livre d’histoire. Et pareillement, un livre qui n’utilise aucune archive inédite peut être un grand livre d’histoire parce qu’il offre une synthèse brillante et originale, une vision nouvelle d’une période, d’un personnage ou d’une histoire. On pense à l’Histoire de France de Bainville ou à La Révolution française de Gaxotte. Mais les Gaxotte et les Bainville sont rares.

Reynald Sécher, lui, s’apparenterait plutôt à un Augustin Cochin et à ses démonstrations, nouvelles, sur le rôle des sociétés de pensée dans l’avènement et le déroulement de la Révolution française. Sécher est le premier à avoir appliqué le concept de « génocide » à la politique militaire de la Convention contre les Vendéens insurgés.

Quand je dis « appliquer », je travestis déjà sa méthode. Le terme de génocide n’a pas été choisi comme point de départ mais s’est imposé à Sécher au cours de sa recherche. Il le raconte dans un livre passionnant qui tient à la fois du bilan historique sur les guerres de Vendée et le génocide vendéen, de l’exposé méthodologique sur les recherches qui ont mené à ce résultat et de l’autobiographie, car il fallait que certaines choses soient dites sur l’Université et les médias.

La Vendée est d’abord une rébellion contre des lois jugées iniques et une guérilla rurale (même s’il y aura quelques batailles de plus grande ampleur pour le contrôle des villes). Le gouvernement, plutôt que de négocier ou de trouver des accommodements, décide, dit Sécher, « de mater la rébellion et se considère tellement en guerre avec elle qu’il confie la résolution du problème au ministre de la Guerre ».

Les recherches de Sécher, menées dans le cadre d’une thèse d’histoire, ont établi que cette guerre de la Convention contre l’insurrection vendéenne a pris, très tôt, la forme d’une politique d’extermination de toute une population, ce qu’on appelle, au XXe siècle, un « génocide ».

La démonstration de Sécher s’est appuyée sur des documents (sans document, l’histoire est verbiage). Il y a le discours du conventionnel Barère, le 1er août 1793, cinq mois seulement après le début de l’insurrection : « L’inexplicable Vendée existe. Elle menace de devenir un volcan dangereux. […] Détruisez la Vendée !!! La Vendée et encore la Vendée, voilà le charbon politique qui dévore le cœur de la république française. C’est là qu’il faut frapper. » Dans ce délire idéologique, il n’y a plus de révoltés, identifiables, en Vendée ; la Vendée est devenue une hypostase.

Deux lois s’ensuivent, que Séchera exhumées et publiées et dont certains historiens ont longtemps ignoré ou nié l’existence : « La première, en date du 1er août 1793, prévoit l’anéantissement matériel de la Vendée militaire, la déportation des femmes et des enfants et l’extermination des hommes. En raison de la volonté collective de résistance, du contexte et du système de défense mis en œuvre par les Vendéens, les Conventionnels présents sur le terrain constatent rapidement qu’il est impossible de déporter les femmes et les enfants. En conséquence, le 1er octobre 1793, ils votent une seconde loi qui prescrit l’extermination de tous les brigands sans aucune restriction, c’est-à-dire de tous les habitants. » S’ajoutera encore le plan d’anéantissement et d’extermination rédigé par le général Turreau lui-même, commandant en chef des troupes républicaines en Vendée, en janvier 1794 [à deux reprises, une coquille malheureuse donne « 1793 » dans le livre].

Tout le livre de Reynald Sécher est intéressant, mais le deuxième chapitre, davantage autobiographique, est stupéfiant. Sécher y raconte comment il a été amené à consacrer ses deux thèses (IIIe cycle et thèse d’État) aux guerres de Vendée, dans quelles circonstances elles ont été soutenues, comment sa carrière universitaire en a été brisée. Il révèle des faits (cambriolage, tentative de corruption, intimidations, campagne de presse) qui montrent que la République est prête à tout pour se défendre quand elle se sent menacée.

On laissera le lecteur découvrir ces pages sidérantes. Elles montreront, aux naïfs, que dans certaines disciplines, faire carrière à l’Université est impossible, à moins de faire des arrangements avec la vérité et avec l’honneur. J’ajouterai que certains livres parus ces dernières années, sur certains sujets, et qui contenaient des concessions au politiquement correct et à l’idéologiquement correct, s’expliquent par le désir de leurs auteurs de faire une carrière à l’Université ou ailleurs. Dans les trois cas que j’ai en tête, pour deux cela n’a pas encore suffi. »

Yves Chiron

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Une réflexion au sujet de « La désinformation autour des guerres de Vendée et du génocide vendéen – Reynald Secher »

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