J’ai frappé à la porte du Temple – Serge Abad-Gallardo

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Titre : J’ai frappé à la porte du Temple – Parcours d’un franc-maçon en crise spirituelle

Auteur : Serge Abad-Gallardo

Date de sortie : 2014

Résumé / Quatrième de couverture :

Et si, finalement, la vérité ne se trouvait pas dans le secret maçonnique ? Après plus de vingt ans passés au sein des loges maçonniques du Droit humain, une émanation du Grand Orient, l’auteur n’est plus novice : il maîtrise le rituel, il applique les méthodes maçonniques, est assidu aux « tenues ». Mais où cela le mène-t-il ? Dans cette quête de sens, Serge Abad-Gallardo s’interroge sur ce qui se cache derrière le « maçonniquement correct ». Quelle est cette force qui l’attire depuis si longtemps, alors que ce langage symbolique est exigeant et si compliqué ?

Assoiffée de vérité, sa conscience s’ouvre peu à peu aux dimensions de la transcendance et l’entraîne au cœur de la compassion humaine.

Serge Abad-Gallardo met en évidence les antagonismes entre la vision ésotérique maçonnique et la pensée humaniste chrétienne. « Il le fait avec humilité et vérité, sans chercher à régler des comptes mais avec, dans le ton, une sorte d’amitié pour tous ceux qui cherchent la Vérité » (préface du père Michel). De manière brillante, il livre volontiers son itinéraire pour contribuer au discernement de ses frères « chrétiens » en franc-maçonnerie.

Haut fonctionnaire à Narbonne, Serge Abad-Gallardo a travaillé en Corse, en Guyane et sur la Côte d’Azur.

Pourquoi lire ce livre ? / Commentaires :

Ce livre relate le cheminement d’un franc-maçon sincère vers le catholicisme, et l’incompatibilité entre Franc-Maçonnerie et le catholicisme.

Résumé d’une conférence de Serge Abad-Gallardo par le site Deus Vult Actualités :

« Serge Abad-Gallardo : Un ancien « frère la truelle » dénonce les méfaits de son ancienne secte et confirme les thèses des grands auteurs catholiques anti-maçons

Serge Abad-Gallardo, ancien franc-maçon converti au catholicisme (moderniste), auteur de ‘J’ai frappé à la porte du Temple’, a donné récemment une conférence dans le nord de la France dont le thème était ; l’incompatibilité fondamentale entre la Franc-maçonnerie et l’Église catholique.

Non content de nous fournir un remarquable exposé doctrinal vulgarisant les croyances de ses anciens frères et nous faisant entrer dans les arcanes de leur idéologie, il vient appuyer une grande partie des thèses développées par les grands auteurs catholiques anti-maçons des XIXe et XXe siècles (Léon de Poncins, Mgr Delassus, Mgr Gaume…).

Un témoignage précieux donc qui vient à la fois lutter contre les accusations de « compl-autisme » portées par les zélateurs de la secte maçonnique tout en clouant le bec aux « maçons modérés qui vont à la messe » et autres « compagnons de route » prétendument chrétiens des frères :. qui pullulent aujourd’hui du côté du Vatican comme dans nos évêchés…

Nous livrons donc ce compte-rendu agrémenté de nombreuses précisions doctrinales.

———

Monsieur Serge Abad Gallardo, architecte issu d’une famille catholique peu pratiquante originaire d’Espagne (« Abad » signifiant « l’abbé ») est entré en franc-maçonnerie en 1989 à la loge du Droit humain.

Il accédera au grade de Vénérable-Maître en suivant un parcours classique (apprenti-compagnon-maître puis est coopté dans les hauts grades ésotériques).

Il quitte la franc-maçonnerie en 2013 après un long cheminement de 15 ans au cours desquels il a fait un retour progressif au catholicisme. L’origine de son revirement est à chercher dans sa quête spirituelle ; confronté au problème du mal et à l’incapacité de la franc-maçonnerie à donner une réponse convenable à cette question, il comprit que seul le catholicisme offrait une réponse satisfaisante à cette énigme.

Comme il le dit lui-même en citant Saint Paul, « La foi est un don de Dieu » et c’est quand il a commencé à se tourner vers le Christ qu’il a commencé à se sentir mal en franc-maçonnerie.

Ses recherches l’ont conduit à trouver le pourquoi de son mal être… Il avoue rapidement en être arrivé, aussi bien par son expérience personnelle que par ses recherches, à l’évidence d’une incompatibilité totale entre franc-maçonnerie et appartenance à l’Église et que ceux qui prétendent le contraire, parmi lesquels certains fréquentent aujourd’hui nos églises, sont souvent malhonnête envers eux-mêmes.

Serge Abad-Gallardo veut parler aux catholiques de la franc-maçonnerie mais veut surtout parler de l’Église aux franc-maçons car beaucoup d’entre eux dans les bas grades sont sincèrement en recherche. Il dit d’ailleurs prier très souvent pour eux et leur conversion.

Avant de commencer son exposé, il débute en nous donnant une intéressante classification des profils de franc-maçons d’après son expérience personnelle, afin de mieux saisir qui sont en réalité ces mystérieux adeptes :

*15 % d’affairistes-carriéristes. La franc-maçonnerie est pour eux un « passeport » pour le monde des affaires et la politique. « Dans l’Aude (son département), si vous n’êtes pas franc-maçon, vous ne serez jamais élu au delà du poste de conseiller municipal ».

*30-40 % de « progressistes » qui voient dans la franc-maçonnerie un moyen de modifier la société dans une optique révolutionnaire. Ceux-ci sont très anticléricaux et se retrouvent en particulier au Grand Orient De France. Pour eux, « la Révolution française n’est pas terminée » comme le dit Vincent Peillon. Il n’y inclut pas les membres de la GLNF (Grande Loge Nationale Française), loge assez conservatrice où l’anti-cléricalisme n’a pas cours (ce qui n’empêche pas que leur initiation soit opposée aux enseignements catholiques).

*40 % de gens loin de la foi et qui sont sincèrement en recherche métaphysique et spirituelle. Ces personnes se posent la question de ce qu’ils font sur terre et voient dans l’initiation maçonnique un chemin vers une réponse à leur angoisse. Les catholiques doivent parler à ceux-là. Il faut faire la différence entre la franc-maçonnerie, ennemie de l’Église, et les franc-maçons envers qui nous devons montrer de la charité. Il faut « prier pour ses ennemis ». Il regrette néanmoins la fermeture de cœur de nombreux franc-maçons qui se trompent sur la foi.

Une histoire de la Franc-maçonnerie

Monsieur Abad-Gallardo se lance ensuite dans ce qui constitue le cœur de son exposé : « La franc-maçonnerie est une religion » et cette religion est non seulement différente mais aussi opposée au catholicisme. On ne peut donc être chrétien et franc-maçon.

Il nous raconte l’anecdote d’une élue socialiste féministe et franc-maçonne qu’il croise un jour à la messe et met devant ses contradictions. Elle finira elle-même par avouer après réflexion qu’on ne peut être sincèrement catholique et franc-maçon et qu’elle ne pouvait supporter cette situation parce qu’elle était tiède à la fois en franc-maçonnerie et en religion… Dieu vomit les tièdes !

Notre conférencier commence alors une généalogie de la franc-maçonnerie et de son idéologie en se basant notamment sur les travaux de Saint Augustin, du franc-maçon Olivier Wirth et son ouvrage ‘La Franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes’.

Il introduit son exposé par l’exemple concret de la fameuse question que chaque adepte se voit posée à l’entrée d’une loge et qui est très représentative du mode de pensée maçonnique :

« Mon frère, d’où venez vous ? » ; la réponse attendue étant « De la loge de Saint Jean vénérable maître ».

Cette réponse entretient volontairement un flou sur les relations entre religion catholique et franc-maçonnerie chez les adeptes. La compréhension de celle-ci doit d’ailleurs se faire à plusieurs niveau. Au premier niveau la référence à Saint Jean doit être trouvée dans les corporations de bâtisseurs dont la franc-maçonnerie prétend descendre et dont Saint Jean serait le protecteur. Cela est bien entendu faux, comme il le démontrera ensuite.

Mais un second niveau de lecture doit être envisagé : Saint Jean est présenté par Oswald Wirth comme le « Janus des latins » (ce qui est là aussi étymologiquement faux comme le démontre Serge Abad qui pointe du doigt la mythologie maçonnique et l’erreur volontaire entretenue pour troubler l’esprit des nouveaux initiés).

Janus, le dieux aux deux visages, est la porte d’entrée vers une initiation sensée conduire l’adepte à emprunter une voie médiane qui sera celle d’un perfectionnement personnel et d’un progrès vers une Vérité qui sera toujours à revoir et à approfondir, car de toute façon inaccessible et incompréhensible en tant que telle. D’où un relativisme permanent et militant des frères masqué derrière les vocables « d’ouverture », de « tolérance » et de désir de « progrès ».

En effet, en franc-maçonnerie, y compris dans les loges déistes ou prétendument chrétiennes où l’on jure sur la Bible, toute notion de dogme est réfutée et c’est à une forme de raisonnement gnostique que nous avons affaire, à l’opposé de la doctrine de la Révélation1. Toute l’idéologie maçonnique est basée sur ces ambiguïtés entre les termes et les symboles qu’ils renferment, symboles dont la signification véritable n’est que progressivement dévoilée au cours de l’initiation.

Généalogie de la Franc-maçonnerie :

La Franc-maçonnerie actuelle ne remonte bien entendu pas aux bâtisseurs de cathédrales.

Son histoire commence avec la création en 1717 à Londres de la « Grande Loge d’Angleterre » dans le contexte des tensions religieuses entre les groupes protestants qui déchirent le pays ; les loges sont au départ un moyen de réunir en secret des gens aux convictions religieuses différentes et de les faire discuter en toute liberté. Influencée par le protestantisme libéral, elle devient vite un foyer de scepticisme et de relativisme et accueille en son sein tout ce que l’Angleterre compte de sectes anti-catholiques « libre-penseuses » dont la doctrine s’inspire directement de la pensée juive et marrane.

Les franc-maçons s’approprient alors des symboles plus anciens, comme les rites des confréries des bâtisseurs de cathédrales, pour mieux les détourner. C’est désormais la société qu’il s’agit de rebâtir sur des bases affranchies de toute superstition et de tout dogmatisme.

En France la première loge est fondée en 1721 à Dunkerque.

En 1738, la Grande Loge de France est créée, c’est elle qui enfantera le GODF en 1773 qui est l’obédience principale en France.

Les principales obédiences :

*Le Grand Orient De France, créée en 1773, première obédience en France. Tendance athée et matérialiste. À abandonné l’obligation pour ses adeptes de se référer au G.A.D.L.U (Grand Architecte de l’Univers) et à l’immortalité de l’âme en 1877. Loge très libérale et anticléricale mais qui n’est pas mixte car l’initiation n’y a rien de « light » (notre auteur évoque des rites impliquant un pseudo-cadavre sanguinolent qu’on fait semblant d’avoir tué).

Depuis peu, le GODF laisse ses loges décider localement de l’initiation ou non de sœurs.

*Grande Loge de France, 1894, « libre-penseuse », proche du GODF

*Grande Loge nationale française (GLNF), 1913, se dit « orthodoxe » et ne reconnaît pas les autres obédiences. La GLNF est la seule obédience reconnue par la Grande Loge d’Angleterre. Tendance conservatrice et déiste.

*Grande Loge féminine de France (GLFF), 1952, pour les Sœurs. Tendance libérale, féministe, anticléricale.

*Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra (GLTSO), 1958 : Loge « christique » ou « christienne » mais dans laquelle notre conférencier dit ne pas reconnaître Notre Seigneur Jésus-Christ.

Les 3 principaux rites : (qui ne sont pas nécessairement attachés à telle ou telle obédience)

*Rite Écossais Ancien et Accepté (pratiqué par exemple au Droit Humain) qui tire sa source de l’Hermétisme grec, de la Kabbale juive, de la Gnose chrétienne, de l’Alchimie et des rituels Templiers

*Rite Écossais Rectifié qui a une relation avec la foi chrétienne. S’inspire de deux sources, la « tradition chrétienne originelle » (qui s’avère être de la gnose) et l’ésotérisme de Martinès de Pasqually qui est une lecture occultiste de la Bible qualifiée « d’illuministe » qui vise à une connaissance directe de Dieu par l’homme par illumination intérieure.

*Rite français, majoritaire au GODF, qui se veut athée ou du moins « laïc ». Les paroles bibliques sont lues comme des simples paraboles illustrant les vertus morales que l’initié doit pratiquer.

Les raison de l’incompatibilité entre Franc-maçonnerie et Église

Cette incompatibilité est formelle d’abord.

En 1738, l’excommunication des franc-maçons est promulguée par Clément XII dans la bulle ‘In eminenti apostolatus specula’ ; celle-ci sera confirmée pour la dernière fois par Pie X en 1906.

Le nouveau code de droit canonique de 1983 est « plus souple dans l’expression » mais ne lève pas formellement l’excommunication. Après une sérieuse étude de la question, et notamment des rituels, le pape Benoît XVI (alors cardinal Ratzinger) a décidé de ne pas changer le principe.

Mais c’est la doctrine qui est le véritable cœur de l’incompatibilité entre la foi chrétienne et l’initiation maçonnique.

Notre vision catholique d’une Vérité révélée et intangible s’oppose à une vision maçonnique de la vérité qui serait une construction de l’homme, et donc perfectible à l’infini. En tant que tel, cette recherche n’a pas de fin car la vérité absolue serait inaccessible à l’homme. D’où un relativisme de principe prêché par toutes les obédiences.

L’organisation intérieure d’une loge est le reflet de la vision métaphysique de la Franc-maçonnerie qui est un refus absolu des vérités claires, dogmatiques et intangibles.

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Les images qui sont sur représentée sur le mur du temple symbolisent un monde fondé sur un équilibre entre deux puissances, un principe actif (le soleil) et un autre passif (la lune). Au milieu, le Grand Architecte de l’Univers (G.A.D.L.U) représente une voie médiane (raisonnement ternaire).

L’équivalent de Dieu est pour les franc-maçons le Grand Architecte De L’Univers (G.A.D.L.U) qui est bien davantage une « force spirituelle » immanente, expliquant tant bien que mal qu’il y ait quelque chose plutôt que rien, et en rapport avec une tradition primordiale commune à l’humanité, qu’un Esprit transcendant créateur de toutes choses comme l’est Dieu dans la religion catholique.

Ces symboles figurant sur les murs de chaque loges, qu’ils soient chargés de signification spirituelle comme pour les déistes ou de simples paraboles pour les maçons athées, illustrent l’ambiguïté d’un monde bâti, selon les Frères :., sur l’opposition de deux forces antagonistes (bien-mal, lumière-ténèbres) et dont le salut serait justement à trouver dans une voie intermédiaire, ternaire, qui dépasserait ces opposions binaires et viendrait transcender les différences. Cette solution, qui est à l’opposé des réponses dogmatiques qui fixent à tout jamais ce qui est vrai ou faux ou ce qui doit ou ne doit pas être, serait une manière de progresser vers une unité supérieure et représenterait pour l’initié un moyen d’avancer sur une voie vers le sacré2.

Les« tenues » maçonniques sont sujettes à un grand formalisme ; en loge, on ne parle pas sans autorisation et on ne bouge pas si on n’est pas accompagné par le maître de cérémonie (contrairement à la messe). Ce formalisme est le symbole d’une nécessaire maîtrise des passions demandée à l’initié.

Le pavé mosaïque, au milieu du temple, est un espace sacré. Interdiction est faite aux initiés de marcher dessus à partir du moment où la séance est ouverte, à l’exception des initiés du 33e degré.

Nous avons vu que pour le maçon, la Vie résulte d’un perpétuel conflit entre deux forces qui sont le reflet de la dualité d’un monde basé sur les contraires. Les forces du bien et du mal s’opposent donc partout dans l’univers, à l’intérieur de l’homme comme au sein des sociétés. D’où le symbolisme de l’échiquier blanc et noir. Dans cette vision, les forces du bien, de l’illumination, du progrès s’opposent aux forces du mal, de la superstition, de l’archaïsme. Néanmoins nous sommes tous, à l’image du monde, constitués de ces deux principes d’où le relativisme maçonnique qui s’interdira toujours de dire fermement « oui ou non », « blanc ou noir » mais qui cherchera toujours la vérité dans une position intermédiaire, relative.

Ainsi, le Frère :. ne répondra jamais à une question Blanc OU Noir mais toujours Blanc ET Noir, comme le pavé mosaïque, signifiant qu’il n’y a ni vrai ni faux et ni bien ni mal absolus mais toujours un mélange de vrai et de faux, de bien et de mal.

Pour les franc-maçons déistes, ces deux principes du bien et du mal sont bien deux divinités distinctes et équivalentes, ce qui s’oppose clairement au dogme catholique qui fait de Dieu le seul créateur et du Diable une simple créature déchue, et rejoint par là les thèses gnostiques d’un dieu lumineux bénéfique enfermé dans le monde matériel par un dieu mauvais et qu’il s’agirait de libérer par l’initiation. L’initiation conduirait ainsi le frère à un accès intérieur et direct à la divinité.

Notre conférencier, une fois ces clarifications faites, nous donne un point de vue très tranché sur la nature de cette « société discrète ». « La Franc-maçonnerie est une religion » parce que répondant d’abord à la définition littérale de celle-ci ; c’est-à-dire qu’elle constitue un ensemble de croyances qui définissent un idéal commun et qu’elle est fondée des rites qui assurent un lien entre ses adeptes (religare signifiant « relier »).

Les « Constitutions d’Anderson » qui sont le socle de la maçonnerie parlent d’une « religion » que tous les hommes seraient susceptible d’accepter3.

Oswald Wirth évoquera lui une « religion de la République » où « chacun peut exercer la prêtrise » et bien entendu Vincent Peillon qui met en avant cette « religion laïque » devant se substituer au catholicisme.

La Franc-maçonnerie vise à réunifier toutes les connaissances philosophiques et religieuses dans l’idée de retrouver une « tradition primordiale » commune à toute l’humanité et dont le secret se serait perdu, sauf pour une minorité d’initiés. Des grands initiés comme Bouddhas ou Jésus nous auraient de ce point de vue légué des doctrines pour nous ouvrir les yeux et l’esprit vers l’illumination divine. Jésus serait donc le premier des franc-maçons pour ces illuminés !

Cette religion maçonnique, qui prétend descendre d’une tradition primordiale commune à l’humanité, possède des dogmes bien qu’elle se dise a-dogmatique car l’a-dogmatisme est en soi un dogmatisme ! Le premier des dogmes maçonniques est en effet que la Vérité est en tant que telle inaccessible et que sa recherche, jamais achevée, doit s’affranchir de tout dogme.

Beaucoup de franc-maçons sincères ne sont pas conscients de l’action occulte de la Franc-maçonnerie contre l’Église notamment ceux des obédiences déistes et « non anti-cléricales ».

Pour notre conférencier, il est très clair que les hauts dignitaires de ces ordres cherchent subrepticement à éloigner des croyants sincères de leur religion catholique par une initiation qui s’apparente à de la subversion.

En effet, entrer en maçonnerie implique fatalement de reconnaître que toutes les religions se valent en ce sens que Dieu et le G.A.D.L.U sont une seule et même entité, identique pour tous les hommes.

Or le G.A.D.L.U n’est pas le Dieu trinitaire de l’Église et dès lors Jésus n’est plus « le chemin, la vérité, la vie ».

Au 18e degré, on parle de Jésus comme d’un « grand sage » pour mieux enfumer l’initié.

Ce Jésus n’a rien à voir avec notre Rédempteur mort en Croix et ressuscité.

Ce problème qui se pose au chrétien est beaucoup plus facile à résoudre pour le Juif qui assimile plus facilement le G.A.D.L.U à YHWH (d’autant plus que YHWH, dans une certaine théologie juive et la kabbale, est moins un Dieu transcendant et extérieur au monde qu’une « force spirituelle » qui serait immanente à la création, expliquant qu’il y ait quelque chose plutôt que rien)4.

Bilan : Les fondements de la pensée maçonnique

*Naturalisme et donc refus tacite de toute transcendance divine, le G.A.D.L.U n’étant pas clairement défini comme une puissance extérieure, créatrice et ordonnatrice du monde

*Relativisme et a-dogmatisme érigés en dogme (ce qui est contradictoire !)

*Idée que la Vérité absolue est à jamais inaccessible (donc pas de Révélation) ; il revient aux hommes de la chercher par eux-mêmes de manière absolument libre, tout en sachant que ce cheminement ne sera jamais définitif et absolu, cette « vérité humaine » étant elle-même perfectible à l’infini…

*Initiation qui donne les clés de ce cheminement vers la Vérité qui est aussi synonyme pour l’adepte d’une « illumination intérieure ».

Tels sont les piliers de la religion maçonnique qui trouve ses sources dans des rituels ésotériques remontant au fond des âges (Kabbale, Gnose) et dont les fondements philosophiques sont à chercher dans la pensée nominaliste, le subjectivisme et le naturalisme. Le tout aboutissant à l’affirmation de la primauté de l’homme voire à sa déification comme « continuateur de la création ».

« Si je suis sincèrement catholique et que je vis ma foi avec ferveur, je ne peux appartenir en même temps à une religion qui dit que le cheminement vers la vérité passe par l’affranchissement des dogmes », ce qui revient à s’opposer à l’idée même de Révélation.

« Car quand je regarde les Christ en Croix, je vois la Vérité » conclut avec raison notre conférencier.

Sursum corda !

Questions du public :

1/ Franc-maçonnerie et affairisme : une maffia

Des franc-maçons sont maffieux, incontestablement. Cocktail détonnant d’affairisme, de politique et d’argent dans certaines loges. Exemple du procureur Eric de Montgolfier à Antibes qui dut faire face à un juge d’instruction franc-maçon et protégea ses frères. L’unique solution et de lever le secret de l’appartenance maçonnique et de rendre publique les « tenues » afin d’empêcher l’entraide occulte.

2/ Influence de la Franc-maçonnerie sur nos lois

L’influence de la Franc-maçonnerie sur les lois actuelles est, selon Serge Abad, aujourd’hui bien réelle. Le mariage pour tous, comme l’euthanasie et avant eux, l’avortement, sont des lois maçonniques.

Il en fut personnellement été témoin quand il était en loge. Pierre Simon, grand maître de la Grande Loge de France jusqu’en 1975, a également avoué que la loi sur l’avortement fut formalisée en loge avant d’être votée au parlement. Il existe également toujours une action occulte de la Franc-maçonnerie contre l’Église, notamment au GODF qui s’appuie sur ses réseaux politiques, tandis que la GLNF n’œuvre pas ouvertement contre l’Église (ce qui n’en rend pas moins son appartenance incompatible avec la foi catholique, comme démontré précédemment).

3/ Conséquences personnelles de sa sortie de Franc-maçonnerie

Notre conférencier doute à demi mot du caractère sectaire de la Franc-maçonnerie et signale que, même si celle-ci pouvait objectivement être qualifiée ainsi, elle ne serait jamais dénoncée comme telle car la présidence de la commission sur les sectes est généralement donnée… à un franc-maçon !

Il est facile de sortir de Franc-maçonnerie ; lui-même n’a eu qu’à envoyer une lettre de démission. Mais il a alors perdu une foule d’amis (et surtout des vieux amis) tandis qu’il a constaté que des portes se fermaient dans son activité professionnelle. Ses anciens frères sont même venus l’interroger pour essayer de connaître le contenu de son livre, utilisant parfois des subterfuges grossiers ! Un de ses anciens frères haut placé a fait initier son chauffeur et l’a envoyé pour discuter avec Monsieur Abad-Gallardo, lui demandant innocemment s’il pouvait voir le contenu de son livre « en avant première ». Celui-ci comprit bien vite que ses anciens frères voulaient savoir s’il ne révélait pas de choses compromettantes ou des listes de noms, ce qui n’était évidemment pas le cas.

4/ Des loges en perte de vitesse ?

L’influence concrète des loges sur la vie politique française serait en perte de vitesse, déclinant face à la montée en puissance d’autre réseaux transnationaux ou des lobbies en tous genres ; les grandes orientations ne se prennent plus en loge mais à l’ONU, à Bruxelles, au Conseil de l’Europe ou lors des grandes réunions des « décideurs internationaux » (autre nom des oligarchies économiques et politiques qui font la pluie et le beau temps sur la planète) comme la commission Trilatérale, le groupe Bilderberg ou le forum de Davos.

Pour notre conférencier, les loges gardent encore au niveau national une grande influence et leur sport préféré ces dernières années est de « faire croire » qu’elles sont en perte de vitesse.

Mais le passage devant les loges reste un préalable à l’accession au pouvoir suprême tandis que chaque année une « synthèse de la pensée maçonnique » qui est le fruit des délibérations des loges, est envoyée au président de la République alors qu’on n’imagine pas l’Église envoyer au chef de l’État une synthèse des orientations qu’elle entend donner à la société !

De plus, notre conférencier signale que la Franc-maçonnerie est une idéologie internationaliste et que la mondialisation actuelle ainsi que les orientations que semblent prendre les grands « décideurs internationaux » sont parfaitement en accord avec la pensée maçonnique. « L’action internationale de la Franc-maçonnerie est aujourd’hui à l’œuvre ».

5/ Une franc-maçonnerie luciférienne ?

C’est avec regret que notre conférencier acquiesce à cette affirmation, après dit-il une logue recherche sur les sources de la pensée maçonnique et une longue réflexion personnelle.

Pas qu’on donne (du moins à sa connaissance) de messes noires en loge ni qu’on y ‘convoque’ l’esprit de Lucifer comme ont pu le dénoncer certains anti-maçons au XIXe siècle (pensons à Léo Taxil).

Mais il déclare simplement avoir compris que l’idéal maçonnique était très clairement contenu dans ces lignes de la Genèse : « Vous serez comme des dieux » et que l’initiation maçonnique contient en elle les germes de l’insurrection de la créature contre le Créateur, d’une pensée cherchant à affranchir l’homme et la société de Dieu et allant parfois jusqu’à les diviniser.

Il déclare avoir lu chez O. Wirth que le Serpent fut en réalité le « libérateur de l’humanité » et chez le grand franc-maçon américain Albert Pike que le monde était fondé sur l’affrontement entre le Dieu du bien allié à Lucifer, « porteur de Lumière » et le dieu mauvais « Adonaï » (qui n’est autre qu’un des noms de Dieu dans l’Ancien Testament)5.

Ces déclarations sur l’aspect prométhéen de la pensée maçonnique doivent suffire à convaincre de l’aspect satanique de cette idéologie.

——————————–

1 Gnose signifie ‘connaissance’ en grec. Il s’agit de la connaissance intérieure, par laquelle l’homme appréhende directement le divin, indépendamment de tout dogme, de tout enseignement. Les gnostiques considèrent que Dieu ne peut être en contact avec le monde, essentiellement mauvais, œuvre du Démiurge (un dieu mauvais). La matière est assimilée à l’ignorance, au mal, et la vie terrestre résulte d’une chute de l’Esprit dans cette matière, perte de l’unité originelle avec Dieu. L’homme, prisonnier des dualités (bien/mal, âme/corps, connaissance/ignorance), ne garde plus de son origine divine que la vague nostalgie d’un paradis perdu. Mais le principe divin, l’âme, est en lui, et la recherche spirituelle peut le mener au salut en libérant l’âme de sa prison corporelle. D’après http://www.franc-maconnerie.org/la-gnose (consulté en décembre 2015)

2 « Le ternaire nous fait revenir à l’Unité en traçant la voie ascensionnelle, celle qui mène à la lumière et qui permet à l’Initié d’en concevoir la force principielle, en nous ouvrant une Voie vers le Sacré. […] Le passage du 2 au 3 suppose de s’affranchir d’une mentalité binaire réductrice. Il faut mettre de côté la tentation aristotélicienne d’exclure « ce qui n’est pas » en fonction des apparences et des dogmes. […] Au « Ou » il faut préférer le « ET ». La case est noire ou blanche, mais le pavé est noir et blanc. […] Plus qu’une synthèse des oppositions, qui donnerait pour réponse que la case est grise, c’est l’élaboration d’une troisième voie, au-delà des antagonismes que nous devons prôner. […] Le non-dualisme est source de toutes les ententes et de tous les progrès. » D’après http://www.ecossaisdesaintjean.org/article-du-ternaire-a-l-unite-1er-partie-metamorphose-du-regard-100175285.html (consulté en décembre 2015)

3 Les Constitutions d’Anderson ont été rédigées en 1721 par le révérend James Anderson, pasteur presbytérien en associations avec Jean Théophile Désaguliers, pasteur huguenot, afin de réglementer les pratiques au sein de la Grande Loge de Londres.

4 « Le judaïsme s’est distingué dès l’Antiquité par une démarche originale consistant à écarter l’idée que Dieu pouvait être matériel, temporel, palpable ou visible sous quelque forme que ce soit. Le terme “religion” n’existe pour ainsi dire pas en hébreu (“Dieu” non plus, d’ailleurs, qui n’est qu’une francisation de Zeus), et on ne lui a trouvé d’équivalent approximatif que récemment. Le monothéisme tel que le propose le judaïsme ne postule pas à proprement parler l’existence de Dieu. Il dit surtout ce que Dieu n’est pas. Le tétragramme YHWH peut, parmi les multiples interprétations, être compris comme verbe, mais pas comme substantif. Ce vocable n’est donc pas l’invocation d’une substance, mais plutôt de quelque chose d’indescriptible, d’imprononçable et d’indicible, une manière d’exprimer l’unicité du monde et la stupéfaction qu’il y ait quelque chose plutôt que rien. […] Les nombreuses interprétations de l’incipit de la Torah relatant la création du monde sont fascinantes. Dans la Kabbale, les concepts “Dieu” et “Nature” sont parfois interchangeables. » Daniel Horowitz, « Une approche du Judaïsme », consulté en décembre 2015 sur http://danielhorowitz.com/blog/2010/04/04/test-2/comment-page-1/

5 Une lutte serait engagée entre Lucifer et Adonaï, ce dernier étant assimilé au Dieu créateur de l’Ancien Testament. Selon cette approche, Lucifer est le principe de l’intelligence et de la vie, alors qu’Adonaï n’est que le créateur d’un Adam dépourvu d’intelligence véritable que la lumière de Lucifer serait venu « éclairer ». »

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