Nouvelle histoire du Premier Empire, tome 3 – Thierry Lentz

Publié le


nouvelle-histoire-du-premier-empire-tome-3-thierry-lentz

Titre : Nouvelle histoire du Premier Empire, tome 3 : La France et l’Europe de Napoléon (1804-1814)

Auteur : Thierry Lentz

Date de sortie : 2007

Résumé / Quatrième de couverture :

Cette grande synthèse en quatre volumes retrace l’histoire d’un « empire » et des réactions qu’il suscita en son temps. Empire au sens d' »influence » d’abord, celle que les idées, la culture et les ambitions hégémoniques françaises exercèrent sur cette époque, dans le prolongement du Grand Siècle, du siècle des Lumières et, bien sûr, de la Révolution. C’est ainsi que l’aventure napoléonienne peut se replacer dans la longue durée. Empire au sens d' »institution » aussi, en ce que les gouvernements français imaginèrent des structures, avec leur fonctionnement et leur unité politique, afin de conquérir et d’organiser l’espace européen (et au-delà) pour réunir des peuples sous leur bannière par l’adhésion, l’intégration, la domination ou la suzeraineté. Si l’on ne peut échapper à la présence permanente de la volonté, de la personnalité et de l’oeuvre de Napoléon qui ont marqué la période de leur empreinte, et si les développements de ce livre ont pour clef de voûte le coeur même de l’Empire (dans les deux sens évoqués plus haut), c’est-à-dire la France, il faut aussi « raconter » – en l’expliquant – un peu plus d’une décennie d’histoire de l’Europe, voire du monde, en dépassant à la fois la figure de l’empereur et les points de vue purement nationaux.

Ce troisième volume propose une réflexion « transversale » sur les principes directeurs, le fonctionnement, les moyens et les buts du régime napoléonien, et une véritable plongée dans la France impériale, qui couvrait la France actuelle, mais aussi la Belgique, la Hollande, le Luxembourg, une partie de l’Allemagne, de l’Italie et des régions balkaniques. Après la description de l’Etat napoléonien, de sa place au coeur de l’organisation sociale et de ses principes de fonctionnement, sont esquissés les contours de la société, de son socle paysan à son économie, en passant par sa structure et le positionnement fluctuant des grands courants politiques. Le livre revient ensuite sur le projet napoléonien pour une Europe qui hésita longtemps entre la soumission et la résistance, en proposant une réflexion sur la géopolitique européenne de l’époque, la diplomatie impériale, ses outils d’unification, ses limites et les forces centrifuges qu’elle déchaîna.

Pourquoi lire ce livre ? / Commentaires :

Fiche de lecture dans la Nouvelle Revue d’Histoire n° 33 :

« Avec ce gros volume (t.3, La France et l’Europe de Napoléon 1804-1814), Thierry Lentz poursuit une entreprise considérable qui devrait s’achever par un quatrième tome traitant des Cent-Jours.

En préambule, il avait déjà écrit un 18 Brumaire (1997) et un Grand Consulat, 1799-1804 (1999). C’est dire si cet auteur s’impose désormais comme l’historien vivant le plus productif (de loin) de la période napoléonienne.

Avec Lentz, cette période majeure de l’histoire européenne sort définitivement de l’ornière dans laquelle s’était embourbée une historiographie bavarde, complaisante, voire hagiographique. Aujourd’hui, cette « napoléonâtrie » n’est plus qu’un fonds de commerce tenu par des auteurs aussi superficiels que mondains.

En fait, le nouvel élan de l’historiographie napoléonienne remonte à Jean Tulard qui, dès les années soixante-dix, a su inspirer, à la Sorbonne, tout un courant de recherche dont Lentz, comme d’autres cadets de Tulard (Bourdon, Frédéric Bluche, Gotteri, Bertaud, Petiteau…) a beaucoup profité. Tulard est de ces historiens qui ont le génie de la synthèse, riche et cursive à la fois, servie par une érudition authentique, juste et légère. Tout l’esprit de grands essayistes comme Jacques Bainville et surtout Pierre Gaxotte.

Le travail de Lentz est d’une autre veine, plus didactique. Ce troisième volume met en évidence la glane documentaire qu’il a su réunir pour livrer un corps de texte très dru, un brin austère. Il faut donc le lire comme un manuel pour y trouver toutes les informations que jusque-là on s’épuisait à rechercher dans des dizaines d’ouvrages. Lentz n’a peut-être pas tout lu mais il sait tirer le meilleur parti d’une somme d’informations considérable. Alors que l’analyse des leviers et des courroies d’un pouvoir radicalement autoritaire est longuement menée l’« esquisse de la société française » (qui fait tout de même deux cents pages) se révèle particulièrement pertinente. La dimension européenne, les faits de soumission et de résistance à l’emprise impériale, déjà fortement traités dans les deux premiers volumes, sont repris ici dans une analyse « transversale » qui aide à leur intelligence. Les « éléments de conclusion » sont sans doute un peu brefs mais on les imagine déjà repris et amplifiés dans le volume final.

Au total, l’auteur nous fait accéder à un outil de travail complet, très opératoire et qui devrait le rester pour longtemps. »

Jean-Joël Brégeon

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s