Rome : Grandeur et chute de l’Empire – Marcel Le Glay

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Titre : Rome : Grandeur et chute de l’Empire (tome 2)

Auteur : Marcel Le Glay

Date de sortie : 1992

Résumé / Quatrième de couverture :

L’histoire de l’Empire romain commence à Actium le 2 septembre 31 avant J.-C. (victoire d’Octave sur Marc Antoine et Cléopâtre) et finit cinq cents ans plus tard, non avec Romulus Augustulus comme on le retient souvent, mais avec Julius Nepos, assassiné en 480. Entre ces deux dates, l’auteur se livre à une peinture admirable et renouvelée de l’expression de la grandeur romaine à travers les pouvoirs et les devoirs du prince ; de la romanisation du monde, de l’apogée de l’Empire au temps de Marc Aurèle ; des grandes crises économiques, sociales, religieuses de l’Empire à partir de 250 ; de l’évolution de l’administration, des valeurs de vie sous Dioclétien et Constantin, avec la grande confrontation du paganisme et d’un christianisme conquérant ; de l’infiltration des Barbares et des grandes invasions qui vont conduire à la fin de l’Empire d’Occident.

Marcel Le Glay, membre de l’Ecole française de Rome, a été professeur à Paris X-Nanterre et à la Sorbonne.

Pourquoi lire ce livre ? / Commentaires :

Après Grandeur et déclin de la République, voici le second volume de la magistrale histoire de Rome, à laquelle Marcel Le Glay a consacré plusieurs années de sa vie.

« Cette suprématie intellectuelle marxiste a relégué aux oubliettes tout ce qui, dans le passé, était incompatible avec le matérialisme dialectique. L’on se mit à étudier le Moyen-Age et l’Antiquité sous l’angle de la lutte des classes dérivée de l’évolution du mode de production (comme dans les écrits de Karl Marx). Sur l’Antiquité, il est à présent réconfortant de voir comment le regretté Marcel Le Glay a démoli les théories de ceux qu’il nommait « les diadoques marxistes » (voir ses deux beaux livres, Rome, Grandeur et déclin de la République – Rome, Grandeur et chute de l’Empire) » (Lectures Françaises)

Fiche de lecture dans « Enquête sur l’histoire » n°5 :

« Ce livre n’a pas d’équivalent. La raison en est simple. Il embrasse deux périodes que les spécialistes, parfois trop enfermés dans leur terrain de recherches, tendent à dissocier : le Haut-Empire romain (31 av. J. C.- 235 ap. J. C.) et l’Antiquité tardive, ce qu’autrefois on nommait, à tort et en France essentiellement, le « Bas-Empire ». Pour tenter cette grande synthèse en historien et non en philosophe de l’histoire (ce qui, paradoxalement, est beaucoup plus facile), il fallait peut-être de l’audace, sans aucun doute de l’ambition intellectuelle et à coup sûr la capacité de maîtriser une masse d’informations qui effraie à elle seule d’excellents historiens. Marcel Le Glay, décédé cet été, avait ces qualités. Plus la rigueur, la nuance et la liberté de pensée qui empêchent de verser dans les clichés et de recopier les idées toutes faites puisées dans Gibbon ou dans ses contradicteurs (déclin irrémédiable, empire assassiné, etc.). S’ajoute à cela une élégance d’écriture qui rend cet ouvrage accessible à un public cultivé.

Trois parties : Les grands siècles de l’Empire romain (le-IIe s.). Les difficultés et les crises du IIIe siècles, la naissance du nouveau monde (IVe-Ve s.). Entre la bataille d’Actium, le 3 septembre 31 av. J. C. et l’assassinat de Julius Nepos, dernier empereur d’Occident, au printemps 480, plus de cinq siècles d’histoire que Marcel le Glay dissèque pour en mieux souligner les lignes de faîte, les cassures et les permanences, sans négliger toutefois les realia, sélectionnées dans un vaste corpus d’inscriptions, de textes littéraires et de documents archéologiques. Une des originalités de ce livre est d’ausculter l’empire selon une même grille analytique (administration, capacité de défense, création artistique, solidité des institutions, etc.) que l’auteur déplace de l’époque d’Auguste à la fin du Ve siècle. Du coup, ressortent avec netteté les forces et les faiblesses, la variété et l’unité de cet ensemble dont la naissance et la fin n’ont cessé de tourmenter l’imaginaire des hommes occidentaux. Et les réponses qu’apporte l’historien, à la fois novatrices et mesurées, bousculent les préventions des manichéistes de toute espèce. L’Occident s’effondre, mais l’Orient résiste, et longtemps avec l’empire byzantin qui prolonge la culture romaine jusqu’au XVe siècle !

Le problème essentiel, on le comprend, concerne la pars occidentalis de l’Empire. Comment est-elle passée d’un monde à un autre, d’une civilisation à une autre ? Avec des variantes importantes suivant les provinces, l’auteur suit les étapes de cette transformation. Les clefs essentielles sont les suivantes : une société pétrifiée où la mobilité des élites ne s’effectue plus ; une réglementation réductrice des libertés ; un contraste monstrueux entre l’existence fastueuse des privilégiés urbains et la misère des autres ; une dépendance croissante, dans les campagnes, des petits à l’égard des patrons ; des campagnes dépeuplées qui se barbarisent. En revanche, il est maintenant impossible, à moins d’être aveugle, de parler de décadence dans le domaine culturel, administratif, politique ou religieux : « Ce qui caractérise cette époque, ce n’est pas la décadence, mais l’approche d’un monde nouveau, grâce à l’adoption de valeurs nouvelles de vie » note Marcelle Glay. La force de sa démonstration impressionne. Et à vrai dire, les autres arguments souvent avancés, ne résistent pas à l’examen. Encore faudrait-il que les détracteurs de ces thèses en prennent connaissance. Ce beau livre leur en donne l’occasion. »

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