Les pollueurs de l’Histoire – Emmanuel Beau de Loménie

Publié le


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Titre : Les pollueurs de l’Histoire

Auteur : Emmanuel Beau de Loménie

Date de sortie : 1980

Résumé / Quatrième de couverture :

Dans ces pages retrouvées et alertes, le grand historien des Dynasties bourgeoises maîtresses de la France contemporaine stigmatise les cuistres de Sorbonne et les faux chercheurs du CNRS.
Ayant lui-même subi les persécutions mesquines des fabricants de mensonges, des cuistres de Sorbonne et des faux chercheurs du CNRS, Beau de Loménie leur rend coup pour coup, avec élégance.

Pourquoi lire ce livre ? / Commentaires :

Fiche de lecture de Valentin Barnay :

« Nous avions vu il y a quelque temps en discutant sur le très bel ouvrage d’Hannibal, A quoi sert l’histoire ?, que l’histoire-action constituait une discipline développée aujourd’hui à outrance par la Pensée unique dans le but de servir des intérêts bien particuliers. Sur ce thème, un autre livre fort pertinent vient d’être publié par les Éditions du Trident, Les pollueurs de l’histoire, précisément un recueil d’articles écrits par feu Emmanuel Beau de Loménie principalement dans les années 60 de l’autre siècle pour diverses publications dont Carrefour, La Parisienne ou Le Monde et la Vie.

D’emblée pouvons-nous dire que le titre de l’ouvrage est un peu réducteur dans le sens où le grand historien des dynasties bourgeoises n’analyse pas seulement le “travail” malfaisant des historiens stipendiés et officiels mais également la partialité, la subjectivité, l’improductivité, la paresse, la bassesse voire la méchanceté de l’immense majorité des intellectuels du système, des universitaires et des professeurs des sciences dites humaines.

Les études et souvent le témoignage de Beau de Loménie sont d’une redoutable “efficacité” tant l’auteur appréhende avec justesse les moeurs d’un microcosme peuplé “d’habiles” et de “familles” qu’il prit soin tout au long de son existence de ne point intégrer. Une attitude qui lui coûta parfois très cher. Mais jamais il ne courba l’échine. La preuve, ses attaques virulentes contre le “syndicat” de la recherche représenté par le CNRS puis, progressivement, par l’université, qui ne sortent vraiment pas grandis de son moulinet. Des parasites !, oserions-nous crier tant l’incurie et le désœuvrement de ces prétendus chercheurs, dont certains n’ont écrit qu’un misérable fascicule de 15 pages en quarante ans, sont mis en exergue par l’auteur.

Comment ces petites têtes aux grosses chevilles ont-elles réussi à s’approprier de tels nids douillets au sein de la fonction publique ? En premier lieu par le truchement d’un sectarisme qui n’a cessé de s’accentuer dans le « monde des lettres » dans lequel l’allégeance au marxisme, aujourd’hui au mondialisme métisseur, est nécessité. Mais la genèse du phénomène antifrançais (les mots sont de l’auteur) s’explique par le fanatisme anticlérical né sous la IIIe République. En chassant puis en faisant fuir les catholiques de l’enseignement d’Etat (qui connaît une croissance régulière et pathologique depuis plus d’un siècle), les autorités ont créé un appel d’air profitant aux protestants, aux juifs, aux athées et aux communistes. Une espèce de communautarisation idéologique s’est rapidement formée, par voie de conséquence, un antagonisme opposant les « nouveaux prolétaires du stylo » à la France authentique et enracinée. Beau de Loménie cite à propos Charles Péguy qui ne cessait de répéter que les idéologues antifrançais « ont fait de la Sorbonne une pépinière de gendres », puisque régnait au sein de l’université un népotisme attisant le très incongru « sentiment de supériorité » de ses membres. Conscients malgré tout de la bassesse de leurs méthodes et de leur vie, ces médiocres littéralement déguisés en intellectuels grâce aux prérogatives pompeuses qu’ils s’attribuent, ne peuvent souffrir la comparaison avec les intellectuels libres, courageux, inflexibles, incorruptibles. C’est encore Péguy qui intervient : « C’est la grandeur même qui les blesse. C’est la grandeur qu’ils ne peuvent supporter. » Eux, qui ne disposent que d’un prestige de papier qu’ils cultivent et préservent avec acharnement au détriment du bien public, agissent constamment de façon contradictoire.

Nés des décombres de la vraie France, ils ne cessent de vouloir accroître leur poids politique en incitant à la “démocratisation” de l’enseignement supérieur. Mais soucieux de sauvegarder leurs privilèges, trop de professeurs d’université (normaliens et agrégés compris) exercent une pression continue pour que les concours filtrent le contingent des grands diplômés labellisés (ce paradoxe, créateur d’étudiants et d’intellectuels sans horizon, serait selon l’auteur la cause profonde de Mai-68). C’est bien à cela que servent les oraux… Et puis, la rareté des normaliens en particulier (Emmanuel Beau de Loménie illustre son propos avec le cas Pompidou) provoque nécessairement une valeur ajoutée à ces relatives « bêtes à concours » qui trouvent des emplois n’importe où, et souvent dans la banque où ils ne connaissent rien sinon l’art précieux de dorer les pilules. »

Valentin BARNAY


Fiche de lecture de « Les 4 Vérités Hebdo » :

L’enseignement de l’histoire et le règne de l’anti-France

Lors que la France était en plein débat sur l’identité nationale, les éditions du Trident rééditaient fort opportunément un petit recueil d’articles de l’historien Emmanuel Beau de Loménie sur l’enseignement de l’histoire depuis une centaine d’années.
Beau de Loménie est l’archétype de ces intellectuels qui ont atteint la notoriété et la maturité dans les années 1920 et 1930, que l’on a appelés les « non conformistes des années trente ».

Convaincus des faiblesses de la IIIe République, ils y cherchaient des solutions sans se soucier d’être étiquetés de droite ou de gauche… Et les uns devinrent des compagnons de route du stalinisme quand d’autres furent des défenseurs du fascisme et d’autres encore les inspirateurs d’une technocratie planiste, qui connut son heure de gloire sous le Front populaire, sous Vichy et sous la IVe République (ceci soit dit en passant pour les scribouillards manichéens ignorant des réalités de l’histoire !).

Beau de Loménie, quant à lui, n’a suivi aucun de ces trajets. Non-conformiste il était, non-conformiste il est resté.
Condamné par ce non-conformisme à vivre en dehors de l’université, il a écrit certains des livres qui auraient pu faire le plus honneur à l’université : plusieurs ouvrages sur Chateaubriand, mais surtout ce qui reste, à mon goût, son maître ouvrage : « Les responsabilités des dynasties bourgeoises ».

Pour ceux qui n’auraient pas lu ces cinq forts volumes, je ne saurais mieux faire que de vous en conseiller la lecture (la plume à la main, tant ces pages fourmillent de faits et d’idées fécondes). La thèse générale en est que les familles qui se sont le plus enrichies par l’acquisition des biens nationaux après 1789 ont constitué une sorte de coterie qui a pris possession non seulement de l’économie, mais aussi de la politique et de la culture de notre pays, sacrifiant tout à leur égoïsme.

La thèse, en soi, n’est pas originale. On en retrouve des vestiges dans la fameuse expression des « deux cents famille » de Daladier (c’est-à-dire ces familles qui monopolisaient l’assemblée générale de la Banque de France). Mais elle est profondément novatrice par la méthode : Beau de Loménie a étudié décennie par décennie les « élites » que l’on n’ose appeler « françaises » et a montré leur filiation et leur consanguinité. Le résultat est effarant.

Certes, il n’est pas nécessairement catastrophique que des élites soient largement héréditaires. Le problème tient à ce que ces « élites » particulières ne se sont jamais considérées au service du bien commun, mais ont toujours usé de la fortune publique pour leur propre intérêt.
Au lieu d’une économie libérale ou socialiste, nous sommes dans une économie accaparée. Et, si vous étudiez la crise bancaire actuelle, force est de constater que cette « privatisation des profits, nationalisation des pertes » reste d’actualité !

Mais revenons aux « pollueurs de l’histoire ». Beau de Loménie accuse les mandarins de l’université depuis 1890 environ d’avoir banni nos gloires nationales des sujets d’étude. Reprenant le mot de Péguy : « C’est la grandeur même qui les blesse », il montre comment l’université – et, par ricochet, tout l’enseignement de l’histoire en France, y compris en primaire – a rabaissé notre histoire de France.
Par mesquinerie jalouse, par anti-patriotisme, par snobisme hostile à l’« histoire événementielle », l’enseignement historique depuis plus de cent ans est un enseignement anti-français.

La conséquence n’est pas difficile à deviner. Nous l’avons d’ailleurs sous les yeux. Ayant appris dans leur jeunesse à mépriser ou à haïr les héros de notre histoire, les Français n’aiment plus leur pays. Voilà le cœur du problème pour l’identité nationale – et voilà ce que les autorités politiques et culturelles se sont bien gardées de mettre en lumière lors du fameux débat.

Corollaire de cette haine de soi, nous sommes absolument incapables d’intégrer les millions d’immigrés qui nous sont arrivés en un demi-siècle. Avec le culte « mémoriel » de la repentance, l’histoire anti-française est l’autre mâchoire de la tenaille qui nous arrache notre identité. Sortons-en et vite !

 

Table des matières :

Avant Propos de Jacqueline Beau de Loménie
Tristes Pontifes
Historiens ou profs d’histoire?
Le démysthifiant
Les pillards
Les tranquillisants
Les non-événementiels
Les censeurs de Chateaubriand et de Péguy
Silences et outrances
L’école du parti intellectuel
Les responsables de mai 1968
La Tromperie des grands concours

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