Doctrines philosophiques et systèmes politiques – Louis Jugnet

Publié le Mis à jour le


Doctrines philosophiques et systèmes politiques - Louis Jugnet

Titre : Doctrines philosophiques et systèmes politiques

Auteur : Louis Jugnet (Préface de Jean de Viguerie. Postface de Louis Millet)

Date de sortie : 1965 (1ère édition); 1977 (2ème édition); 1980 (3ème édition); 2013 (4ème édition)

Résumé / Quatrième de couverture :

« Si les idées sont justes et vraies, elles conduisent vers ce que tous les humains recherchent et désirent ardemment : le bonheur ; mais si, comme il est de plus en plus fréquent, elles sont trompeuses, elles causent le malheur. Ce constat irrécusable, Louis Jugnet nous en donne la preuve par toute son œuvre : c’est seulement sur une philosophie vraie que peut être établie une bonne politique. (.) On peut dire que, pour notre philosophe, il ne peut y avoir qu’une seule « doctrine philosophique » vraie et saine dans ses conséquences : c’est le réalisme qui reconnaît et expose méthodiquement ce que sont les choses réelles (matérielles et spirituelles) » (Extrait de la postface de Louis Millet).

« Nous pensons que les lecteurs trouveront dans cet ouvrage, non seulement des connaissances, mais aussi, – comme le désirait Louis Jugnet -, une ouverture destinée à éveiller l’esprit, l’obligeant à développer les notions sommaires qu’il peut avoir de la philosophie politique, et, par un effort personnel de recherche, à mieux connaître les grands doctrinaires politiques dont la pensée a toujours un soubassement philosophique. Car, derrière tout système politique, il y a une philosophie fondamentale et, comme l’écrivait Paul Valéry : « Toute politique implique quelque idée de l’homme et de l’esprit, et une représentation du monde » » (Jean Faure, préface de la précédente édition).

(Ce livre) « concis et clair est toujours très accessible, très facile à lire. On peut, on doit le mettre entre les mains des étudiants, mais aussi de ceux qui ne sont plus étudiants. Le désarroi et la confusion des esprits n’ont jamais été si grands qu’aujourd’hui. Le cours de Louis Jugnet peut contribuer à y remédier » (Extrait de la préface de Jean de Viguerie).

Louis Jugnet, né le 28 septembre 1913 à Villefranche sur Saône, est mort le 12 février 1973 à Toulouse.
Philosophe réaliste et thomiste, « converti » à la doctrine du Docteur angélique à l’âge de 17 ans, il enseigna d’abord, après sa réception à l’agrégation de philosophie, à Châteauroux, puis à partir de 1945 et jusqu’à sa mort, à Toulouse au lycée Pierre-de-Fermat (Lettres et Première supérieure ) ainsi qu’à l’Institut d’Etudes politiques.

Pourquoi lire ce livre ? / Commentaires :

« Dans ce livre, qui connaît sa quatrième édition, Louis Jugnet (1913 – 1973) expose la politique de Platon et d’Aristote, les philosophies du christianisme antique, du Moyen Age, du XVIè et XVIIè siècles, mais aussi Machiavel, Hobbes et Locke, Descartes, Bossuet et Fénelon, Montesquieu, Rousseau, Bonald et Maistre, Kant, Fichte et Hegel, Proudhon, Marx et Lénine, Maurras et beaucoup d’autres. Un lien profond unit « doctrines philosophiques » et « systèmes politiques ». Ce livre nous apporte des connaissances et surtout il est le résultat de nombreuses lectures et recherches. C’est l’œuvre d’un professeur qui connaissait parfaitement les auteurs et qui pénétrait ce qui est essentiel dans leurs écrits : un livre incontournable ! »

« Une mention spéciale doit être faite pour Doctrines philosophiques et Systèmes politiques. En une centaine de pages, l’auteur donne une synthèse, intelligemment critique, de tous les auteurs politiques importants de Platon à Maurras. Quelquefois abrupt dans ses jugements, ou ne laissant pas à la nuance toute la place que d’aucuns aimeraient lui voir tenir, l’auteur a toujours recueilli et ordonné les matériaux de ses études avec une parfaite honnêteté.
Lorsqu’elle est justement critique, l’honnêteté peut prétendre à l’objectivité. Dans le cas de Louis Jugnet, son rigoureux attachement à la « Philosophia Perennis » lui permet de ne jamais oublier, en étudiant les auteurs, que l’homme a une nature et que cette nature est ordonnée en politique au Bien Commun. Ce qui fonde tout système politique concerne le philosophe, Jugnet l’a merveilleusement compris. Cela ajoute une dimension particulière d’intérêt à la lecture de cet ensemble de notes de cours qui doit trouver place dans toute bibliothèque d’honnête homme.
C’est dont un ouvrage dont on ne saurait trop recommander la lecture à tous ceux qui veulent avoir, en forme de synthèse avec des matériaux de qualité, une vue d’ensemble de la pensée politique des Grecs à nos jours.
 »

Fiche de lecture d’Yves Chiron :

« Doctrines philosophiques et Systèmes politiques, aujourd’hui réédité, fut d’abord un manuel destiné à ses élèves de l’Institut de Sciences Politiques de Toulouse. L’ouvrage, édité pour la première fois à Toulouse, par le Centre d’études autonome de sciences politiques, a été réédité en 1977 à Castres par les éditions « Cahiers du Présent », puis trois ans plus tard aux éditions Ulysse, à Bordeaux. 2013 voit la 4e édition de ce maître-livre, avec une préface de Jean de Viguerie et une postface de Louis Millet. Comme le dit Jean de Viguerie, ce livre « concis et clair, toujours très accessible » est « très facile à lire », Le titre de l’ouvrage indique bien que l’auteur n’aborde pas l’étude des « systèmes politiques » en historien ou en spécialiste du droit constitutionnel.

Il ne va pas présenter les différents régimes politiques, leurs mécanismes, leur fonctionnement. Il montre quelles sont les doctrines philosophiques qui inspirent les écrits des théoriciens politiques qu’il présente. Il s’attache à montrer « les constantes, les grandes lignes de force » qui permettent de comprendre et de distinguer les doctrines politiques. Il en voyait principalement deux. D’une part, le réalisme opposé à l’idéalisme : « certains auteurs considérant la société avant tout comme un fait, une donnée, qu’on peut sans doute améliorer, mais qu’il faut d’abord prendre comme elle est (Aristote, Montesquieu, Comte, Marx, Maurras) c’est le réalisme politique. D’autres s’occupent peu du fait, et ne s’attachent qu’à réaliser à tout prix un idéal posé a priori (Rousseau, Brunschvicg, Jaurès), c’est l’idéalisme politique ».

L’autre constante, ou ligne de partage, est le rapport entre la morale et la politique. Il y a trois attitudes possibles explique Louis Jugnet : « – Ou bien on interdit à la morale de s’occuper du politique (soit parce qu’on ne croit pas du tout à la morale, soit qu’on la cantonne dans la conduite individuelle). C’est le Machiavélisme, idée et pratique fort répandue. « – Ou bien on incorpore si totalement la politique à la morale qu’elle en devient une branche (sorte de morale civique). C’est le « moralisme politique », ex : Brunetière, Marc Sangnier et le « Sillon » et, dans une certaine mesure, l’école de Maritain. « – Ou bien on-admet à la fois que la politique a un aspect technique irréductible à la morale, qu’elle n’est identique à cette dernière ni dans son but qui dans ses moyens (contre le moralisme) ; mais qu’elle est strictement subordonnée aux exigences morales dans son usage et ses réalisations (un peu comme la médecine). »

En une vingtaine de chapitres, Louis Jugnet passe en revue les grandes doctrines politiques, de Platon à Maurras, en passant par Hobbes, Montesquieu, Rousseau, Bonald, Maistre, Proudhon et Marx. Une des originalités de ce livre est de compter un chapitre consacré aux contre-révolutionnaires espagnols, peu lus en France : Balmès (que Maurras avait lu avec passion dans sa jeunesse), Donoso Cortès et Menendez y Palayo. Le génie de Louis Jugnet est d’aller à l’essentiel et de résumer clairement la pensée de l’auteur dont il traite.

Ainsi à propos de Montesquieu : « Dès les Lettres persanes on peut discerner l’orientation de l’auteur: esprit foncièrement anti-catholique, ton acerbe vis-à-vis de la monarchie traditionnelle, sympathie pour l’Angleterre, etc. » Jean de Viguerie a bien dit, dans sa préface, l’utilité d’un tel livre pour aujourd’hui : « on peut, on doit le mettre entre les mains des étudiants, mais aussi de ceux qui ne sont plus étudiants. Le désarroi et la confusion des esprits n’ont jamais été si grands qu’aujourd’hui. Le cours de Louis Jugnet peut contribuer à y remédier ». »

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