La marche irrésistible du nouvel ordre mondial – Pierre Hillard

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Titre : La marche irrésistible du nouvel ordre mondial – L’échec de la tour de Babel n’est pas fatal

Auteur : Pierre Hillard

Date de sortie : 2007 (1ère édition); 2013 (2ème édition revue et augmentée)

Résumé / Quatrième de couverture :

« L’accumulation d’images et d’informations qui submerge les esprits, enferme ce qui reste des sociétés contemporaines dans un perpétuel présent sans mémoire – et donc sans avenir lisible, par conséquent sans exercice possible de la liberté.

L’objectif des élites mondiales n’est pas de permettre l’émancipation des hommes par la liberté des peuples mais la destruction des peuples pour construire une humanité interchangeable et nomade, docile, disponible pour rentrer dans l’esclavage d’une gouvernante mondiale. Cette gouvernante mondiale est le dernier débris qui surnage du chaos tragique du XXe siècle.

La nouvelle édition de ce livre qui a déjà six ans a le mérite rare et irremplaçable de donner à ceux qui ne se sont pas encore résignés à être « gouvernés », une grille de lecture et d’analyse d’événements dont la succession accélérée brouille volontairement la lisibilité.

La mise en perspective de documents incontestables permet de voir dans l’enchaînement de « révolutions », « printemps », « libérations », « unifications continentales » la poursuite méthodique d’ambitions planétaires annoncées.

Dans la présentation de la première édition de ce livre, l’auteur notait que « cette « construction babélique » passerait délibérément par des étapes bouleversant les structures politico-économiques des sociétés, bouleversements qui ne seraient pas sans conséquences, notamment militaires. Dans ces événements, la vie humaine comptera peu… »

Cette nouvelle édition mise à jour et complétée confirme la pertinence de cette analyse lucide. »

Pourquoi lire ce livre ? / Commentaires :

L’ouvrage se compose d’articles publiés dans différentes revues entre 2005 et 2007. La 2ème édition du livre est augmentée d’un long article écrit en 2012 (chapitre VIII).

Ce livre vient compléter le précédent (« La décomposition des nations européennes« ) en continuant de montrer la constitution progressive d’un bloc euro-atlantique dans le même temps que la dissolution des nations européennes par l’Union Européenne via le régionalisme, l’ethnicisme, les séparatismes et l’effacement des frontières étatiques. Le livre montre également les relations de l’oligarchie euro-atlantique avec le monde musulman en vue d’imprégner les structures et l’esprit propre à l’UE à un ensemble de pays allant du Maroc au Pakistan et l’ancrage de ce « Grand Moyen-Orient » au partenariat transatlantique.

Accompagné de cartes comme celle du projet de Grand Israël ou la carte de la recomposition du Moyen-Orient avec la partition de l’Irak en trois états.

Comme dans le précédent ouvrage, de nombreux faits d’actualité viennent confirmer le travail de Pierre Hillard.

Sommaire :

Avant-propos
I. Vers une assemblée transatlantique
II. La Paneurope au service du mondialisme
III. Vers la communauté Nord-américaine
IV. L’évolution régionale de l’Espagne
V. Jacques Bainville, un modèle pour comprendre l’avenir
VI. La Flandre sur le chemin de l’indépendance
VII. Vers une Europe kosovare
VIII. Genèse des relations entre le monde musulman et l’oligarchie euro-mondialiste
IX. La duplicité de la politique allemande dans la crise irakienne
X. Le numérique pour démembrer les États européens
XI. Ce nouveau monde qui se prépare
XII. L’interdépendance euro-américaine
XIII. Frontières de sang au Moyen-Orient
XIV. L’architecture du bloc euro-atlantique : la communauté politique et le marché transatlantique sans entraves en faveur du Nouvel Ordre Mondial
XV. L’Écosse sur la voie de l’indépendance
XVI. La fragmentation de la France a commencé
XVII. L’histoire cachée des relations franco-américaines
XVIII. La babélisation en marche
XIX. Le pont de l’atlantisme
XX. Les atouts particuliers de l’économie allemande
XXI. La France québécoise
XXII. L’Union méditerranéenne : une histoire ancienne
Conclusion
Texte officiel permettant l’instauration d’une dictature aux États-Unis

Extrait :

« Toutes les époques ont eu leur idéologie. Cependant, il en existe une qui surnage et perdure sur fond d’idéal religieux : le mondialisme.

Tout d’abord, il faut distinguer cette idéologie du fait purement historique : la mondialisation. Cette dernière n’exprime que l’exigence d’échanges économiques, culturels ou encore d’informations entre collectivités humaines. Le phénomène a toujours existé. Il n’a fait que prendre une accélération considérable, depuis la révolution industrielle puis de l’informatique, facilitant les échanges et les déplacements. En se projetant dans l’avenir, on peut aisément imaginer la création de colonies humaines sur de nombreuses planètes entraînant des échanges multiples. Il sera alors possible d’évoquer l’existence d’une mondialisation interplanétaire.

Il en va tout autrement avec le mondialisme qui est plus qu’une idéologie : c’est une mystique. Cette spiritualité globale se caractérise essentiellement par la volonté de soustraire l’autorité politique des États au profit d’entités supranationales et de faire disparaître les frontières en faveur d’une « région monde » où l’humanité constituerait une sorte de grande tribu mondiale assujettie – en d’autres termes, la Cité de l’Homme. Cette expression n’est pas une vue de l’esprit. Elle anime les réflexions de nombreux penseurs panthéistes soucieux de porter la lumière de cet idéal. L’ouvrage de Guy Sorman, Le monde est ma tribu, résume à lui seul le grand courant qui anime les élites mondialistes. Il serait fastidieux de recenser toutes les affirmations tenues en faveur de sa propagation. Cependant, on peut relever quelques citations et interventions d’ardents idéalistes pour la promotion de cette philosophie, surtout depuis les révolutions américaine (1776) et française (1789).

L’octroi de la nationalité française au prussien Anacharsis Cloots, auteur de La Révolution universelle, est révélateur du passage à un autre monde qui désormais spécule à l’échelle planétaire. Ce naturalisé considérait déjà sa toute nouvelle nationalité comme une étape vers un monde globalisé. Ne disait-il pas : « L’humanité ou le genre humain ne vivra en paix que lorsqu’il ne formera qu’un seul corps, une nation », évoquant même l’idée de « l’homme-Dieu » retrouvé. Œuvrant en faveur d’une ouverture des frontières et d’un libre-échange complet avant l’heure, il ajoutait ses propos, en 1793, qu’un Pascal Lamy directeur de l’OMC ne renierait point : «  Certainement, il n’y aurait point de ville, si chaque village consommait sans produit net ; il n’y aurait pas de société si chaque cultivateur ne récoltait que sa provision domestique. Cet isolement brutal ramènerait le despotisme au grand galop. » Certes, il ne s’agit pas de vive en reclus. Mais dans l’esprit de ces promoteurs, il s’agit d’aller au-delà d’une coopération nécessaire en abattant toutes les cloisons afin d’aboutir d’emblée à ce fameux « village global » décrit par le sociologue canadien Herbert Marshall Mcluhan.

Par la suite, ce mondialisme s’est retrouvé dans les courants apparemment aussi divers que le libéralisme ou le marxisme. En fait, par des voies différentes mais en entretenant des liens de coopération derrière une façade d’opposition, ces promoteurs ont toujours à l’esprit la disparition des nations parce qu’à la base, ce sont des internationalistes. La chute du Mur de Berlin a été un accélérateur d’un processus poursuivi depuis longtemps. Il s’agit de créer de grands blocs géoéconomiques standardisés européen, nord-américain, sud-américain, asiatique… au sein desquels les nations seront broyées et dont la réunion constituera l’armature générale d’une gouvernance mondiale.

Comme le rappelle Jacques Attali dans son ouvrage Dictionnaire du XXIè siècle : « Après la mise en place d’institutions continentales européennes, apparaîtra peut-être l’urgente nécessité d’un gouvernement mondial ». Ainsi, ces blocs corsetés par la même idéologie et dont les populations auront au préalable les structures mentales alignées sur les critères édictés au sommet accoucheront d’une humanité unie, interchangeable et nomade.

Cependant, l’aboutissement de ces ambitions longtemps prophétisées se doit de passer par des étapes bouleversant les structures politico-économiques des sociétés accompagnés de conséquences militaires. Dans ces évènements, la vie humaine comptera peu. C’est tout l’enjeu de ce livre de présenter une séquence de ces promesses mondialistes où flotte un fort parfum de spiritualité. Après tout, le fond de l’histoire est toujours religieux. »

Pierre Hillard est docteur en science politique, spécialiste du mondialisme et anciennement professeur de relations internationales.

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